Sevrage masculin et réseau social

Je suis dans une nouvelle ère les gars.
J'ai décidé de non pas changer mais M’AMÉLIORER et me construire un nouveau moi, zen, serein et lavé de tout parasite.
Mais pour cela, il me fallait un électrochoc.
A force de trop tirer sur la corde, les verres et les clopes j'avais six mois de sommeil à rattraper, le teint terne et fatigué et ma liste de trouducs s’agrandissait de jour en jour.

Je suis donc rentrée en cure ... de sommeil et de sevrage masculin.
Pas évident quand on connaît mon attrait et ma passion pour la gente masculine - sauf quand ils sont cons - le problème étant que j'en ai rencontré un trop grand nombre - de cons - ces derniers temps.

Lasse de devoir expliquer chaque matin à BFF pourquoi je suis partie en plein milieu de la nuit et/ou à qui appartient la dent incrustée dans mon poing, j'ai décidé de faire une cure et d'arrêter les hommes un certain temps.
Pour mes fans lesbiennes désolée cela ne veut pas pour autant dire que je me tourne vers les femmes, même si nous sommes sublimes je préfère pour ma part la chaleur d'un gourdin à celle d'une hache.

source : mcsbienetre.fr
Bien sûr que c'est moi.
Mon plan d'attaque consistait à ne plus sortir en semaine et rentrer directement après le boulot.
La fatigue accumulée et mon air de zombie ne faisant pas bon ménage avec mon futur nouveau moi, il me fallait me remettre d’aplomb pour accueillir le bonheur dans mes bras bronzés par l'excédent de terrasses parisiennes.

Ensuite, je pense arrêter de fumer, cela ne va pas arranger mes histoires d'impulsivité ces conneries mais tant pis, j'aurais le teint frais et les cheveux qui sentent bon quand je péterais des genoux sur la ligne 6.

Pour finir, il fallait s'attaquer au plus dur, les hommes.
Le problème c'est que ma vie n'est qu'un perpétuel cercle vicieux. Je sors, je bois, je finis par (r)appeler un mec.
Qui n'a jamais fait ça ? On est un peu pompette on appelle n'importe quel mâle de son répertoire, banquier compris (Dieu merci il ne bosse pas la nuit) car on cherche la compagnie d'un homme même si cela veut dire (re)plonger dans des tréfonds nauséabonds (je parle de mon ex là).
Vous avez dit dépendante affective ? Je réponds simplement que j'aime mon prochain, surtout s'il vit à Paris.

Si j'arrête de sortir je minimise mes chances de rappeler un boulet, voire même un psychopathe (pour ne pas évoquer N. le psycho) et donc, m'évite des walk of the shame avant d'aller bosser et ça c'est très bon pour l'égo.

Il faut dire que ces derniers temps, j'ai cumulé ...
Il y a eu ce mec en sandales, artiste maudit et pauvre que j'ai quand même rappelé parce que la vue de son appart était sympa mais qui m'a répondu "je suis avec ma Catherine d'amour" quand je lui ai proposé qu'on se retrouve après mes mojitos.
Catherine étant une fucking cougar de 48 ans ne sachant pas mettre de rouge à lèvres ailleurs que sur ses dents, qu'elle doit sûrement enlever quand elle accueille la teub de mon ex-amant.
Déjà que les gamines de 20 ans nous piquent nos mecs si en plus les grands-mères s'y mettent on ne va pas s'en sortir les gars.

Ensuite il y a eu celui qui m'avait invité à boire un verre mais avait oublié la tête que j'avais.
Note de l'auteur : quand vous écrivez votre numéro sur une serviette en papier dans un bar, assurez-vous de signer très clairement "Mona, la brune qui parle fort et portait un sweat "allez tous vous faire enculer" avec un jean, des baskets Maje payées la peau du front et les yeux noisette. D'origine italienne et qui a bu cinq mojitos et deux pintes."
Histoire d'être certaine que s'il vous rappelle, il ne vous confonde pas avec Ayem qui buvait un verre juste derrière (véridique).

S'en est suivi des mois et des mois de cache-cache puis finalement, un vrai rencart avec photos validées à l'appui et promesses de payer les consos pour se faire pardonner.
Le jour J il est sans doute décédé par le heurt d'un pigeon car il n'a jamais donné signe de vie et le pauvre s'est ensuite fait hacker son compte FB car il était connecté il y a encore 43 minutes.
Destin tragique. C'est dur la vie à Paris.
Dois-je réellement évoquer le mec avec qui j'entretiens une relation depuis plusieurs années qui est lui-même en relation depuis quatre ans avec une charmante demoiselle inondant son mur FB de coeurs ne se doutant pas que son mec en fait de même pour moi depuis très longtemps ? Inutile merci beaucoup.
Pour finir, y'a eu LA déception. En temps normal toutes ces conneries masculines m'atteignent autant que de savoir que Cecil le lion est mort (oui désolée, je ne savais même pas qui c'était les gars) mais là ... c'était trop.

Après avoir relativisé pendant environ trois cent ans, j'ai décidé qu'il fallait changer certaines choses, à commencer par le tri dans mes fréquentations masculines.

Je me suis donc connectée sur mon compte Facebook et j'ai commencé à faire défiler les noms de ma liste d'amis.
Il est vrai que pour la plupart, si les mecs sont encore là c'est uniquement pour admirer mes photos de profil car en réalité je me contrefous de leur vie consistant à jouer à Candy Crush ou partager la dernière vidéo soviétique d'un maçon en train de chier dans un bocal et l'envoyer dans un champ.
Je me devais de faire du tri dans ma vie, cela commençait ici sur Facebook.
Bon ... lui, lui, lui ok, lui, lui, lui oui et ... non mais lui il est mignon (oui mais il t'a appelé par le nom de sa cousine pendant que tu jouais avec sa langue)(bon...) lui, lui ....
Au bout d'un certain temps je suis arrivée aux quatre protagonistes cités plus haut.

Si je les supprimais, ils ne pourront plus avoir accès à mes photos en maillot de bain susceptibles de raviver ou créer une flamme qui leur donnerait l'envie immédiate de me voir.
Je n'aurais plus de petits mots gentils et affectueux types "t'es bonne / je kiffe ton boule / coeur" sur mes photos de vacances et surtout je ne pourrais plus mater leur profil de temps en temps.
Ça fait rageuse non ? Ils pourront croire qu'ils m'ont touché ou heurté dans mon ego s'ils se retrouvaient bloqués devant mon mur, le gourdin dans la main droite et la main gauche sur la souris ...

Réfléchis Mona réfléchis ...

J'ai repensé à ces six derniers mois de fêtes, d'orgies de listes de mecs et de bulles de Perrier noyées dans du rhum mentholé citron vert et cassonade.
J'ai repensé à ces matins culotte dans la poche et mascara de la veille, j'ai repensé à ma batterie à plat et au métro pris à l'aube.
J'ai repensé à mon PEL claqué dans des Heetch et des paquets de clopes.
J'ai repensé à mes 4h de sommeil en moyenne et ma tête lors de la réunion le lundi matin.

J'ai repensé à mon ex qui a acheté un canapé tellement laid que ça me conforte dans le fait de l'avoir abandonné lui et ses tongs.
Note de l'auteur : aucun rapport avec le sujet mais il fallait que je le place.

Comme je l'ai dit à ma soeur hier soir "tu vois Margaret il y a deux catégories de personnes dans la vie : les gens comme moi qui ont des Gucci et des gens comme lui qui ont des goûts de chiotte."
Cela résume à peu près tout.

J'ai regardé la tête de gland que mes amants avaient, me suis dit que ce n'était pas l'amour qui rendait aveugle mais l'alcool.
Qu'il fallait que j'ai un corps sain de déesse et un cerveau reposé avant de partir en vacances, qui plus est car je rejoignais mon metteur de plan en série préféré qui avait gentiment accepté de m'héberger à titre gratuit à quelques détails près.

Je devais désormais être lavée de toute nuisance vitale et cela commençait right now, en dégageant ces parasites de ma vie sociale.
J'ai viré le premier, puis le second, le troisième et c'est vrai que j'ai réfléchi quelques secondes pour le quatrième.
Lui ne boxait pas dans la même catégorie et pourtant, le curseur était pointé sur la ligne suppression. Je me suis rappelée ces soirées-là (hinhin hinhin) puis de nos derniers échanges qui rimaient avec - outre.
J'ai arrêté de réfléchir.


Voilà ! Il ne me restait désormais que trois amis, ma soeur, ma mère et BFF mais peu importe, ma nouvelle vie débutait maintenant.

Je me sens beaucoup mieux ! Vraiment bien ... une nouvelle vie, une nouvelle Mona.

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Bon. On se vite chier quand même.


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