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18 oct. 2017


J'ai eu un déclic.
Ce matin j'étais dans la cuisine avec ma mère et nous discutions de l'actualité et du sujet #balancetonporc.
Je lui ai dit que je ne savais pas ce qui était le plus alarmant : que tout le monde en parle, que les témoignages fusent de partout ou bien que justement, il y avait énormément de témoignages.
Elle m'a répondu "évidemment c'est qu'il y ai autant de témoignages" puis elle m'a balancé son porc, son expérience à elle, vécue quand elle avait vingt ans et que je ne connaissais absolument pas.

J'ignorais que ma mère avait été victime de harcèlement sexuel et c'est sur le pas de la porte qu'elle m'a raconté son histoire, à moitié déjà partie, à moitié dans les escaliers et moi sur le perron qui disait "mais nannnnnnnn ! mais nannnnnn ! Oh le fils de pute !".
Il était 8h42 et j'étais en peignoir.

Quand elle m'a dit qu'elle avait défoncé la gueule de son harceleur à coups de clés je me suis dit "putain, heureusement que nous sommes des femmes qui savent se défendre" car malheureusement tout le monde n'est pas dans ce cas..

Puis, ma mère partie et en terminant mon thé, je me suis interrogée sur mes expériences à moi, en remerciant le ciel de ne jamais avoir été harcelée sexuellement sur mon lieu de travail ou d'avoir eu à défoncer la tronche de quelqu'un à coups de clés de voiture. En plus je n'ai pas le permis.

Puis soudain je me suis souvenue. Alors c'est le cœur qui tachycarde et les mots qui sont les miens que je balance mon porc. Comme ça me revient, ici et maintenant je vais vous parler d'une histoire très, très personnelle.

En fait, pendant longtemps j'ai "oublié" cette histoire parce qu'elle ne m'a pas traumatisé, Dieu merci.
Je n'ai jamais éprouvé le besoin d'en parler à un professionnel, d'occulter une souffrance ou des fêlures.
Je peux raconter cette histoire en toute décontraction en terrasse d'un bar sans osciller, sans être triste et limite rigoler d'avoir cassé l'ambiance parce que "je vous jure les gars, ça va très bien ! Faîtes pas cette tête !".
Alors non ce n'est pas drôle, mais cela ne m'a pas jamais traumatisé - Dieu merci.

J'en ai peu parlé parce qu'en réalité je m'en fous. Cet épisode de ma vie n'est pas important à mes yeux seulement voilà, aujourd'hui et pour la première fois j'ai eu besoin et envie de témoigner, d'en parler publiquement pour à mon tour balancer mon porc et essayer d'apporter un soupçon de soutien à tout cet engrenage pour faire en sorte qu'un jour, je l'espère, ces témoignages n'existent plus jamais.
Parce que non, ce n'est pas normal ce qu'il m'est arrivé et j'ai mis du temps à le comprendre.

J'avais douze ans et j'étais collégienne.
J'étais toute jeune, toute petite et même si j'ai toujours été la fofolle de service j'étais assez réservée.
Je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant c'était il y a 17 ans ... putain que le temps passe vite. 
17 années que cette histoire reste méconnue et il aura fallu ce blog pour qu'à 29 ans j'ose, veuille en parler ouvertement.

Cela s'est passé il y à 17 ans et j'étais en cinquième.
La récré était terminée et mon prof était absent je crois, nous allions donc en permanence.
Je marchais avec BFF - la seule et l'unique - quand j'ai été interpellé par un surveillant alors qu'on traversait le hall en direction de la salle de perm'.

- Mona ? 
- oui ?
- tu peux venir un instant ?

Moi, jeune, sage et obéissante, j'allais voir ce que le surveillant me voulait, laissant BFF me garder une place en permanence.

- on m'a dit que tu fumais, je dois te fouiller.

J'ai paniqué. J'avais peur qu'on appelle mon père, que je me fasse renvoyer du collègue et que mes parents me renient.
Je ne savais même pas que ce surveillant connaissait mon prénom, ME connaissait donc c'est que c'était grave. 
Il me connaissait parce que j'avais fait quelque chose de mal et mes parents l'apprendraient. J'ai eu peur. 
Peur d'être punie, engueulée si je ne prouvais pas mon innocence car oui, j'étais innocente.
J'avais douze ans et j'étais innocente. Je ne fumais pas et je ne voulais pas qu'on appelle mes parents.

A douze ans tu ne sais pas qu'il est impossible qu'on appelle des parents pour leur dire que leur enfant fume. 
Que tout le monde fume des clopes au collège et que tout le monde s'en fout. Qu'un pauvre pion de merde n'a pas le droit de fouiller un(e) élève.
Que fumer ne relève pas de l'autorité d'un enseignant ou d'un pion. Qu'en réalité personne n'avait dit quoi que ce soit sur moi.
Pourquoi moi ? Pourquoi ce jour ? Pourquoi cet instant ? Ces questions je me les suis posé et je n'ai toujours pas la réponse.

Le pion m'a pris à parti et a cherché une salle à l'abri pour pouvoir me fouiller et qu'ainsi, je puisse lui prouver que je ne fumait pas.
Il n'y avait personne dans les couloirs, toutes les salles étaient occupées alors nous sommes partis sur l'autre aile, tandis que je paniquais toujours à l'idée de me faire renvoyer et engueuler par mon père.

Quand enfin il a trouvé une salle de libre, une salle orange, une salle d’anglais, il a ouvert la porte avec une clé et a refermé derrière lui.
Enfin je crois qu'il a refermé, en réalité je ne m'en souviens pas mais c'est logique. Il n'aurait pas laissé la porte ouverte. Pas avec ce qu'il avait prévu de faire.

Je ne me souviens pas non plus du moment où il a fouillé mon sac et mes poches, je me rappelle juste de ce qu'il m'a demandé ensuite.
Il m'a demandé de faire des exercices de sport, pour contrôler ma respiration afin de savoir si elle était saccadée, sifflante, haletante et ainsi, déterminer si j'étais fumeuse ou non.
Logique pour une gamine de douze ans ! Insensé pour un adulte.

J'ai fait des pompes, des coupés-décalés et d'autres trucs chelou puis il m'a demandé de m'allonger sur le bureau, sur le ventre et il s'est mis contre moi.
Juste derrière moi. Collé contre mon dos.

Il s'est plaqué contre moi pour "écouter ma respiration", me demandant de mettre mes bras "bien comme ça, écarte bien comme ça, les jambes aussi" et il s'est collé derrière moi.

Et c'est à cet instant, cet instant précis, allongée sur le bureau du professeur, seule dans une salle avec un surveillant, les bras et les jambes écartées, lui derrière moi, que je me suis dit que c'était bizarre.

Je précise qu'il s'est juste collé. je ne sais pas ce qu'il a fait, mais il s'est "juste" collé.
Il n'y a pas eu de caresses, d'attouchements ou de pénétration. Le mec s'est "juste" plaqué contre moi.

Il est resté plusieurs minutes dans cette position, pendant que je me demandais ce qu'il se passait car je ne comprenais pas, puis il a dit "ok c'est bon tu peux y aller".
Je pense qu'il a dit ça, en fait je ne m'en souviens pas du tout. Je ne me souviens absolument pas du moment où je suis partie.
En fait, en tapant et relisant mon article je me rends compte que j'ai oublié énormément de détails de cette histoire qui pourtant, a bien existé.

Je me souviens juste que j'ai rejoint BFF au CDI, que je l'ai engueulée parce que c'était elle qui avait tiré sur une clope à l'arrêt de bus la veille et qu'à cause d'elle on pensait que je fumais.
Que j'allais me faire engueuler par mon père et peut-être renvoyer du collège.
Je lui ai raconté l'histoire de la fouille et de la salle d'anglais, des exercices et du pion derrière moi, et c'est elle qui a vraiment tilté,

- attends, mais c'est grave chelou ça !
- ah ouais ?
- bah ouais !!

Et voilà.

Voilà comment ça s'est terminé. J'en ai parlé à quelques copines, qui ont toutes dit qu'il était chelou avec tout le monde et on s'est toutes éloignées de lui, on l'évitait tout le temps.
Il a  terminé l'année scolaire puis il est parti et j'ai zappé cette histoire.

En fait, sur le moment, avant de raconter la scène du bureau je ne voyais pas ce qui clochait. Ce n'est qu'avec mon recul d'adulte que j'ai compris que ce n'était pas normal. 
Que si on prend les faits, un pion n'a pas le droit de fouiller une élève, seul dans une salle fermée à clé et se coller à elle, lui faire écarter les jambes et se plaquer contre elle.
Que personne ne fait ça et que c'était injustifié et vicieux car il avait menti pour m'attirer dans une salle.
Pourquoi ? Je n'en sais rien.
J'étais discrète, jeune, frêle, je n'avais pas de formes, rien. Quand bien même, soyons bien d'accord ce n’était justifié en AUCUN CAS. Mais moi, avec mon cerveau d'adolescente je ne comprenais pas pourquoi MOI.

Puis un jour, j'en ai parlé à ma mère.
Je ne sais plus si c'était juste après, la semaine suivante, les mois suivants ou des années plus tard mais quoi qu'il en soit elle l'a su.
Chaque fois que j'en ai reparlé elle évitait la conversation ou changeait de sujet alors un jour je me suis énervée. 
Je lui ai dit qu'elle n'en avait rien à foutre et qu'elle n'avait rien fait. Qu'elle évitait le sujet alors que c'était grave et qu'elle avait occulté cette histoire comme si elle n'avait jamais existé, comme si mon récit ne comptait pas.
Et là j'ai appris. J'ai appris ce qu'elle avait fait cette année-là.

Quand ma mère fut au courant de mon histoire, elle a été voir la proviseure du collègue.
Les gens qui me connaissent et me lisent, vous vous souvenez de la proviseure qu'on a eu en 5ème ?
La vieille, Madame L., et bien c'est elle.
Ma mère a été voir la proviseure pour lui raconter mon histoire, et elle a répondu :

- Mona fabule, ce surveillant est très apprécié et par tout le monde ! C'est impossible !

et ça c'est fini comme ça.

Plusieurs fois j'ai eu envie de lui écrire à cette Dame. Lui dire que je ne fabulais pas et que ça c'était bien passé dans son établissement. Dans sa salle d'anglais, avec son surveillant et une élève de douze ans naïve et innocente.

J'ai aussi tilté sur ma naïveté car un jour, la même année et en pleine récré, j'ai vu ce surveillant rire avec un élève parce qu'il devait arrêter de fumer or il avait un paquet de Marlboro dans sa poche.
Il l'a sorti fièrement l'air de dire "et non mon gars, j'ai pas arrêté finalement !" et le surveillant rigolait avec lui.

Je n'ai pas compris pourquoi lui on ne lui disait rien et pourquoi il n'avait pas été fouillé alors qu moi si.
La réponse était simple : parce que cela n’existe pas, personne ne fouille les élèves pour les emmener dans une salle isolée parce qu'on soupçonne qu'ils fument.


J'ai revu le pion quelques années plus tard, en plein centre commercial.
J'étais avec des amies, j'ai eu un coup au cœur mais j'ai continué ma route, ma vie. 
J'ai toujours imaginé la scène où je le recroiserai, je lui péterai la gueule certainement - ou alors je serais paralysée.

Ce qui me rend vraiment malade, c'est qu'il a peut-être fait pareil - voire pire - à d'autres filles. 
Toutes ces filles groupies qui l'adoraient au collège, ont-elles subi des choses aussi ?
Rien que d'y penser ça me rend furieuse et triste. Peut-être que si j'en avais parlé ouvertement ... on ne sait pas, on ne saura jamais.

Aujourd'hui j'ai partagé cette histoire avec vous, ce n'est pas facile, c'est très gênant, c'est très personnel mais je me devais d'apporter mon témoignage à ceux des autres parce que ce n'est pas NORMAL que ces choses existent.
Ce n'est pas normal de ne pas être protégée par ce type de harcèlement.


Je dénonce ce fils de pute de surveillant qui a abusé de ses fonctions et de la crédulité d'une gamine de douze ans.
Je dénonce la proviseure qui n'a pas su/ voulu écouter et protéger ses élèves. En l’occurrence moi, la Mona de 12 ans.

J'espère de tout mon cœur que personne n'a subi la faiblesse et l'inadmissible de ce pion.

Enfoiré de merde, tu ne m'as pas atteint, je te balance aujourd’hui espèce de sale gros porc.
Dieu est grand, un jour ou l'autre ... la justice fera le reste. En attendant, c'est ma vérité qui éclate.



#BALANCETONPORC



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16 oct. 2017



Certains lecteurs assidus connaissent cette histoire car je l'avais publié il y a quatre ans.
Finalement j'avais supprimé le post mais suite à mon dernier article et les souvenirs émanant de mon être avec nostalgie, j'ai décidé de remettre à jour la folle histoire de ma rencontre avec B2O le psycho.

Je place le cadre : je viens de quitter mon fiancé suite à 5 ans de relation booooring et après avoir laissé son coeur et ses larmes sur le parvis de la gare Montparnasse, je m'en suis allée vivre ma nouvelle vie de célibataire.
Nous sommes le 1er août 2011, je vends des paninis et en plein été,le soleil n'a jamais autant brillé dans le ciel et dans mes yeux.

Fraîchement célibataire, franchement fraîche et attirant toutes les convoitises tant je respirais la joie de vivre partout où j'allais, j'étais censée faire une "petite soirée" avec mon collègue qui vendait les jean's d'à côté mais ladite soirée s'est transformée en "j'ai des potes qui m'ont proposé d'aller boire un verre on y va ?" et forcément, dans "potes" il y avait B2O le psycho.

Le temps d'appeler une copine pour ne pas y aller seule, nous nous sommes tous retrouvés dans un bar à ... Versailles - of course !
Quand il est arrivé je ne savais pas si je devais appeler la police ou le supplier de me laisser en vie.
Vous voyez Booba ? (le rappeur, pas l'ourson ndrl) le même option garde du corps - armoire à glace -  mec de sécu - Mike Tyson mais en moins tatoué de la face.
Il m'a dit bonjour, j'ai pleuré.

Salut.
 


Je n'ai pas trop discuté avec lui dans la mesure où je préférais son frère, mais ça c'était avant qu'il me parle de sa femme donc j'ai vite chercher un plan B.
Le plan B2O le psycho.

De fil en aiguilles, nous avons poursuivi la soirée chez lui malgré que ma copine soit un tantinet apeurée. Elle avait quand même accepté de m'accompagner dans ce plan foireux parce qu'elle est super.
Et parce que mourir seule c'est triste. Mourir à deux c'est moins triste.

Arrivés chez lui, à peine nous avions franchi le seuil de sa porte qu'il s'est empressé de cacher des photos, sans doute trop compromettantes.
Normal, aucune envie de voir la photo du premier mec qu'il a tué à mains nues quand il avait sept ans.
Il a mis de la musique, il a sorti une bouteille d'Oasis et s'est roulé un joint. Énorme ambiance. 

Après avoir entamé la discussion sur la vie et ses secrets (la drogue et les voitures), il nous a montré le plus normalement du monde son ... flingue.
En toute décontraction la plus totale.

+ 12 minutes à rassurer ma copine qui s'était enfermée dans les toilettes où devaient traîner des grenades et oreilles humaines, nous avons poursuivi notre soirée mi-apeurées mi-curieuses, mais surtout les yeux rivés sur la porte au cas où un guet-apens surgirait de nul part, mais surtout des yeux de B2O.

Puis sans pression, il a lâché un :

- quand j'étais en prison ...


+ 24 minutes après avoir tiré ma copine cloîtrée sous le lit, j'osais poser la question à trois mille :

- pourquoi t'es parti en prison ? 


*Boom boom mon coeur*

- pour séquestration.
- ah d'accord. 



Affolement de ma copine qui a tenté de sortir par ... le mur.

*Boum boum boum bouuuum mon coeur*
*Boum boum boum la tête de ma copine sur le mur*


- mais ... pourquoi en fait ?
- j'ai braqué un magasin et enfermé le personnel dans la chambre froide.



Là vous vous demandez certainement pourquoi nous ne sommes pas parties en courant ?
Si j'étais partie sans me retourner et sans établir une relation des plus instables avec B2O le psycho vous n'auriez jamais lu cet article. Et cela aurait été fort dommage non ? 

Je me donne à fond pour mon public.

Nous avons ensuite terminé la soirée chez moi avec B2O et notre ami commun, mais sans ma copine qui avait trop mal à la tête et qu'on avait gentiment déposé chez elle, avant qu'elle ne s'enfuit en courant sans se retourner, elle.
Avec le recul j'aurais sans doute dû faire pareil.


Notre ami commun n'avait pas bu une seule goutte d'Oasis car il était plutôt adepte du Jack D donc à peine arrivés chez moi qu'il s'effondrait sur MON lit et ronflait comme un gros porc.
Du coup, sans lit, totalement sobre et curieusement très intriguée par B2O. le psycho et son profil de tueur sexy musclé, nous avons continué de faire connaissance dans la chambre de ma soeur.
Meghann, pardonne-moi.

B2O me parlait mariage et enfants et moi je ne pensais qu'à mon corps qui a connu le même homme boooooring pendant cinq longues années.
Autant vous dire que dès le départ nous n'avions pas vraiment les mêmes perspectives d'avenir.

La nuit s'est passée tranquillement, très chastement merci beaucoup - et le lendemain, à en conclure par ses baisers langoureux et sa main dans la mienne, visiblement je commençais ma nouvelle vie avec B2O le psycho comme boyfriend.

[ATTENTION ! HISTOIRE DE OUF A SUIVRE]

Pour la petite histoire totalement DINGUE et OMFG, le lendemain, alors que nous nous dirigions vers la voiture de B2O, tout à coup, sur le chemin il s'est passé un vrai délire truc de ouf.

Nous marchions tranquillement, moi et mon nouveau mec, lorsque notre ami qui avait décuvé de la vieille s'est mis à nous fixer soudainement les yeux hagards.
Il s'est ensuite immobilisé pour finalement tomber aussi droit qu'un couteau sur le sol, le crâne crâne to bitume sur le trottoir sous un énorme CRAC, avant de déverser trois litres de sang sous des convulsions intenses pour finalement se figer telle la momie, les yeux révulsés, sans bouger, immobile, le sang couleur magenta coulant toujours sur le parvis.

HELLLOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!

(je vous laisse quelques instants pour relire la scène et vous en remettre. Personnellement, six ans plus tard je ne m'en suis toujours pas remise).




La scène d'horreur à 9h00 du matin, le sang coulant du crâne, le mec qui ne bougeait plus, B2O qui hurlait sur le corps inerte de son ami et moi qui avais 3% de batterie.
Énorme ambiance.

J'ai appelé les pompiers priant pour que mon Iphone 3Gs ne s'éteigne pas, notre ami a finalement repris connaissance et voulait rentrer chez lui en toute décontraction avant de se faire finalement emmener par les pompiers sous la menace de B2O.

Nous avons suivi le camion en voiture pendant que je tentais de remontrer le moral à mon nouveau mec que je connaissais depuis environ douze heures.
Arrivés à l'hôpital, quand mon mec a voulu se garer il s'est fait hurler dessus par le gardien qui lui a dit qu'il était interdit de stationner ici.
Et là ... les vrais bails ont commencé.

B2O est sorti de sa voiture, je n'ai pas bougé. Même quand le gardien n'avait plus que la moitié de ses dents et plus que la motricité de sa jambe droite.
Laissant le mec par terre, totalement en PLS, B2O est ensuite revenu dans la voiture dans le plus grand des calmes, s'est essuyé les mains sur son jean et m'a fait un bisou avant qu'on rejoigne l'entrée des urgences.
Si B2O a roulé sur le mec en se garant ? Absolument.
Si j'ai dit quoi que ce soit du genre "MAIS WHAAAAT ????!!" Absolument pas.

Finalement, nous avons appris par les médecins que notre ami était épileptique et avait juste oublié de nous le préciser.
Il n'avait pas mangé de la veille et les uniques aliments présents dans son corps étaient du whisky et du THC. Tout cela combiné avait eu un léger impact sur sa maladie, d'où la scène dingue à la American History X.

Passé cet épisode traumatisant, mon histoire avec B2O le psycho a commencé.

Se balader avec un garde du corps H24 a ses avantages je vous l'avoue. 
Personne ne vient te faire chier et tu sens la puissance monter dans ton être. Limite t'as envie de choper un mec et lui dire "ta mère elle suce des bites" juste comme ça, parce que tu sais qu'il n'osera jamais rien te dire sous peine de se retrouver le bras dans le dos et le pied sur le front par mon mec qui pesait trop.

Sauf que forcément, tout s'est mis à partir en couilles.
Petit à petit B20. le psycho est devenu (encore plus) chelou, du genre à me demander de me tailler les veines devant lui pour lui prouver mon amour, qu'il aimerait voir ma souffrance et mon corps succomber aux coups de son Gillette Mac III power. 
Puis il est devenu légèrement jaloux, un peu trop même,

- je sais que tu m'a trompé !
oui mais non !

- mais dis-le !

oui je t'ai trompé parce que t'es un taré et que je sais que tu vois toujours ton ex  non c'est faux !!

- combien, avoue !
quatre zéro
- t'es vraiment qu'une p*te !! Menteuse ! Dis la vérité, avoue tout !!
- mais jamais je te mentirais !

Quoi qu'il en soit, après plusieurs semaines d'ambiance mortelle, un jour seule chez lui j'ai fait ce que toute femme ferait, c'est à dire fouiller.
Et je suis évidemment tombée sur les fameuses photos qu'il avait caché le soir de notre rencontre aux airs de film dramatique : des photos de lui et son ex.

Son ex ? Shrek mais en fille, du même gabarit que lui et sans le sourire.
Son ex ? Une psychopathe qui me déroule en 2/2 tellement rapidement que je ne pourrais même pas l'avoir à la ruse.
Son ex ? La fille avec qui j'étais au lycée et qui me hait de tout son être.
Son ex ? Ma pire ennemie et qui rêve de me tuer depuis 10 ans.

 Dring ! a fait mon Iphone 3Gs
- Allo ? a fait Mona.
- Faut que j'te parle, a dit B2O.
- Pourquoi ? ai-je demandé la photo dans les mains et l'urine coulant sur son tapis Ikea
- Mon ex, tu la connais ?
- Oui.
- Ok, elle te cherche partout avec mon flingue.

(...)




Et ceci était la joyeuse histoire de B2O. le psycho !








→ Pan !

6

12 oct. 2017


Il y a quelques années, durant ma jeunesse folle durant laquelle mon style vestimentaire se composait essentiellement de legging et d'extensions, j'étais crush d'un mec du quartier voisin.
Le stalking n'existant pas encore mais ma folie si,  avec BFF nous traînions souvent vers chez lui par hasard le plus non-total afin de tomber sur lui par le hasard le plus non-total.

Un soir, alors que nous avions convenu d'aller acheter des clopes dans le tabac qui - ça par exemple ! - était le QG de nos bêlatres, nous sommes évidemment tombées sur mon amoureux platonique qui était avec un ami.
Une discussion en entraînant une autre, les mecs décidaient d'aller boire des verres non loin de chez nous.

Avions-nous réellement le temps de minauder alors que nous étions au max ? Je ne pense pas.

Quelques instants plus tard nous étions dans un bar, une bouteille de champagne sur la table et un coca pour moi car oui mes amis, à cette époque je ne buvais pas d'alcool.
Le monde sachant très bien et ce, depuis l'enfance, que mon trop gros coeur me fait aimer toute personne sur cette terre dotée d'un beau sourire et d'un pénis, au cours de cette soirée non alcoolisée je me suis finalement rendu compte que je préférais l'autre mec.
Oui, de base je chinais un garçon mais finalement j'ai préféré son ami - souvent femme varie - et visiblement c'était réciproque.

Et là, la soirée a commencé ...
La bouteille de champagne et mon coca finis, le billet de 100€ déposé tranquillement sur la table sans attendre la monnaie, les deux hommes proposaient que nous sortions en boite de nuit.

Avais-je réellement le temps de leur dire "ah désolée les mecs, je ne sors pas en boite je préfère dormir" ? Absolument pas !

Nous embarquions donc tous les quatre dans la Clio 3 portes de BFF en direction de la capitale pour danser all night long (ALL NIGHT LONG ALL NIGHT LOOOOOONG - bisous Lionel et Julie) et ce soir-là il faisait frisquet de la nouille. 
Pourquoi le temps est important pour le récit de l'histoire ? Parce que j'ai fait la fille frêle qui frissonnait sur la banquette arrière.
Que s'est-il passé par la suite ? Le mec nouvellement aimé par mes soins et qui était assis à côté de moi a remarqué mon frisson polaire (au bout de dix minutes d'acting il pouvait) et m'a donc tout naturellement ... pris dans ses bras.
*Drop the miiiic*


La suite ? Interdite au moins de 18 ans (et à toute personne de ma famille - chiudi la pagina Francesca, per favore).

Alors qu'il me réchauffait le corps de ses bras musclés et la glotte de sa langue mouillée, le mec a dans le plus gros des calmes sortit sa teub. Oui sa teub, sa bite, son chibre de shlague, le mec a sorti son gourdin en toute décontraction pendant que BFF respectait les limitations de vitesse et que son pote cherchait une station de radio.

J'ai tout de suite pensé à ma copine jetant un oeil dans le rétro et tombant sur une teub en gros plan.
Moi paniquée choquée et à moitié MDR de la situation, j'ai bafouillé "mais nan ! mais nan ! mais nan !" qui signifiait : range ton pénis s'il te plait mon garçon.
Il l'a rangé, nous avons continué à mélanger nos bactéries buccales comme si je ne venais pas de subir la gênance extrême du péni sorti.

Nous sommes finalement arrivés devant la boîte, mon "mec" nous a demandé de le suivre, coupant à travers la foule parce que visiblement, nous n'avions pas le time de faire la queue malgré la trentaine de personnes qui se pelait les miches devant l'entrée, tandis que Baracuda faisait non de la tête.

Il a donné trois billets de cent euros à la fille de l'accueil et Baracuda nous a escortés jusqu'à une table où un magnum de champagne avec des feux d'artifice ont suivi.

Moi ? Je commandais des sirops de fraise avec les billets de 10€ que mon mec me filait telle la stripteaseuse en legging, verres que je remplissais avec l'eau du bac à champagne rempli de glaçons fondus.
Malgré ma dégaine de banlieusarde et ma présence non habituée des lieux, plusieurs mecs sont venus nous parler afin d'en savoir plus sur mon sourire - ou mon 95D - c'est selon.
Le problème, c'est que les gars n'avaient pas le temps de nous saluer que nos deux amis les évinçaient dans la seconde à base de mains qui volent et les yeux qui lançaient des éclairs.
Apparemment nous venions de nous trouver des mecs qui pesaient dans le game.

Au cours de la soirée, afin d'éviter tout débordement et parce que les billets fusaient aussi vite que les coups de langues impromptus de mon nouvel amoureux, la sécurité avait encerclé notre table pour empêcher toute personne de venir nous importuner.
Gardes du corps perso s'il vous plait ! J'étais la Paris Hilton cheap de Paname et BFF buvait du champ' à gogo.

Nous avons donc appelé cette soirée : la soirée Scarface.
Le champagne coulait à flots, les billets volaient et moi, sobre et les extensions grasses : j'étais au max.
J'avais visiblement pécho le gangster du secteur et j'avoue que cela ne me déplaisait pas d'avoir le statut de Elvira, le legging en plus et la cocaïne en moins.
Nous dansions enlacés sur du Colonel Reyel et je me sentais la reine du monde.

Malheureusement, BFF n'était pas du tout intéressée par "son" mec  qui rappelons-le, était à la base mon choix premier mais pas du tout le sien dans la mesure où elle était sortie avec son frère.
On évite de sortir avec des gens de la même famille, hormis si ceux-ci portent le nom de Beckam.

5 heures du matin, toujours sobre mais femme d'influence, nous avons quitté la boîte pour ramener BFF.
Mon mec a pris le volant et a explosé la voiture en la garant, maîtrisant plus le jeté de billet de 100€ que la marche arrière. BFF était tellement décontenancée qu'elle ne lui a même pas pété les genoux.

Nous sommes montés chez BFF, mon mec a commandé un taxi pour nous et son ami s'est écroulé sur le lit avec environ 10 grammes dans le sang, tandis que mon amie me regardait avec les yeux qui disaient ;

- seriously ? Me dit pas que vous allez le laisser ici ?
- mais on ne va pas l'emmener, tu vois pas que je sors avec un mec qui pèse ?
- meuf redescend sur terre il t'a roulé trois pelles sur Colonel Reyel.
- oui mais ça fait plaisir.

Tout ça, sans sourciller ni parler.
#UNAGI.

Finalement, parce que dès qu'il s'agit de mecs l'amitié passe au second plan mais que ton amie le sait et t'aimes quand même, nous avons laissé le mec cuver chez BFF et nous sommes partis prendre notre taxi.
Pour la petite histoire, il a bien évidemment tenté de pécho ma copine jusqu'à ce que celle-ci l'informe qu'elle était sorti avec son frère et que donc, il ne fallait pas abuser dans la vie.
Le gars est parti. BFF a  donc dormi.

Moi, j'aurais dû sentir le plan foireux étant donné que mon mec n'a jamais voulu donner l'adresse de destination lorsque nous sommes montés dans le taxi. Il a juste dit "Versailles, je vous indiquerais le chemin".
Bon, j'étais fatiguée, j'avais toujours les cheveux gras et mon mec m'emmenait sûrement au Trianon Palace.
Ou pas.

Tout à coup, après avoir guidé le chauffeur à base de "à droite, gauche, là, non je vous indique, voilà arrêtez-vous ici", nous sommes arrivés à destination devant un hôtel qui ressemblait à ... à rien en fait.
Je suis descendue, j'ai cherché le nombre d'étoiles mais il n'y en avait pas.

J'ai suivi mon mec parce que de toute façon je n'avais pas mes clefs et pas d'appart et quand il a checké le réceptionniste et raconté sa life, j'ai compris qu'il venait souvent ici.
Il a pris la 42 "comme d'habitude" et on a marché vers le couloir.
Lorsque je suis rentrée dans la chambre je ne savais pas si je devais partir en courant ou chercher la caméra.

Mec, j'aurais préféré que tu me payes des Cocas Z toute la soirée mais qu'au moins tu m'emmènes dans un vrai hôtel où les oreillers sont sur le lit et pas dans le placard branlant qui pue la naphtaline.

Est-ce-que je lui ai fait le coup de "c'est la première fois que je viens à l'hôtel avec un mec" alors que j'étais au Campanile sur la N12 la veille ? Absolument.

Je me suis précipitée dans la salle de bain pour laver mes cheveux et cacher mes extensions dans mon sac à main, puis j'ai rejoint mon mec qui s'était mis à l'aise entre-temps.
Bon, bah ok.

La suite est simple et pourrie, pas besoin de détails. Le mec s'est cru dans un film de boules et était aussi bourrin qu'un ... bourrin. Heureusement, l'alcool aidant ça a duré 3min08.

J'ai dû dormir 4 heures et mon réveil a sonné à l'heure où je devais être au boulot en train de servir des paninis.
Mon mec s'est allumé une clope sans bouger du lit alors que c'est interdit de fumer dans les hôtels tout le monde sait ça.
Pour information, l'hôtel a pris feu quelques mois plus tard. Hasard ? Je ne pense pas.
Visiblement nous n'étions plus à ça près et j'attendais qu'il se lève pour me ramener, problème : nous étions rentrés en taxi et il n'avait absolument pas le time de me ramener sur son dos.

J'ai fait une mini-scène pour la forme alors que je n'avais qu'une seule envie : quitter cet endroit de merde pour prendre une douche et oublier cette soirée de l'angoisse.

Je suis partie telle la fille qui n'a besoin de personne même si elle ne sait pas comment rentrer.
Tandis que j'avais la main sur la poignée, la tête haute et la haine dans le sang, prête à partir sans me retourner je suis tombée nez-à-nez avec la femme de ménage.
Mon gros porc d'amant avachi dans le lit et la clope au bec a hurlé "pas maintenant !" et je suis décédée de honte sur place.

On s'est regardées quelques secondes, le temps qu'elle me juge de tout son être et que je baisse les yeux  avant de partir comme une flèche.

J'ai croisé le réceptionniste en sortant qui m'a souhaité une bonne journée alors que j'étai déjà loin sur le boulevard.
Je suis arrivée une heure en retard au boulot mais en voyant ma tête, mon collègue a compris que j'allais avoir des choses à raconter donc il n'a rien dit et a attendu que je lui raconte la soirée Scarface.

La suite de l'histoire ? J'ai recroisé Tony Montana sur le parking d'un resto quelques semaines après, puis en rentrant dans le bar j'ai vu que B20 le psycho était là.
J'ai foncé vers la banquette rejoindre BFF en mode "OMG OMG OMG" tandis que Tony et B20 discutaient tranquillement au comptoir. 
J'étais paniquée parce que j'ignorais qu'ils se connaissaient et que s'ils parlaient de moi ils se seraient vite rendu compte que j'étais comme qui dirait ... avec eux en même temps au moment des faits.

Je ne savais plus où me mettre, BFF m'a dit "ce serait trop marrant que Alpha arrive" et j'ai rigolé.
Là elle m'a dit "nan nan je rigole pas, Alpha est là !"
- TU DÉCONNES ?

J'ai tourné la tête et je les ai vu tous les trois en train de rigoler et de siroter un demi.
Les trois mecs que je côtoyais se connaissaient tous et étaient tranquillement en train de tailler la bavette.
Espérons qu'ils ne parleraient pas de ce que j'ai taillé chacun chez eux.
(joke - mais jeu de mots trop tentants).



Note de l'auteur : cette histoire s'est passée il y a plusieurs années.
Évidemment qu'aujourd'hui je prendrais certaines dispositions, du genre : ne pas trainer avec des dealers généreux sur le champagne mais pas sur les hôtels et accessoirement, sortir avec des mecs en même temps sans savoir qu'ils se connaissent, tous.






8

25 sept. 2017


et accessoirement qu'a été "ma nouvelle vie " ?

Il y a sept mois j'ai décidé d'envoyer balader mon quotidien professionnel morose et déprimant pour les joies du chômage.
Parce que j'aurais pu continuer mon boulot et jouir de tous ses avantages (c'est-à-dire uniquement d'un salaire) ou bien de m'endetter comme jamais et rester chez moi.

Évidemment j'ai choisi la deuxième option. 

Ce que les gens ignoraient c'est que ce choix était mûrement réfléchi et surtout, j'avais un vrai projet - personnel et professionnel - derrière tout ça.
Sauf que justement ça, les gens autour de moi n'en avaient pas conscience.
J'ai eu le luxe d'envoyer péter mon confort et ma sécurité de l'emploi pour un avenir justement tout sauf luxueux.
Sur le coup, j'ai essuyé les remarques telles que "tu fais ta crise d'ado, on n'envoie pas balader un CDI comme ça, tu vas faire quoi de ta vie, tu es totalement immature et capricieuse" et autres soutiens non négligeables puis j'ai mené ma petite barque telle la sirène que je suis et sept mois plus tard je vous dresse ce bilan.

Tout d'abord, la quiétude.
J'ai pu déconnecter d'un boulot prenant moralement et en définitive, physiquement, pour enfin me recentrer et questionner sur ce que j'aimais, voulais, souhaitais et surtout ne voulais plus, jamais.
Parce que je fais partie de cette catégorie de personnes qui pensent que même un CDI ne devrait pas pourrir notre existence, j'ai tout plaqué pour Pôle Emploi.

Ce n'est pas parce que "c'est la crise, trouver du boulot c'est la galère etc" qu'il faut accepter de se laisser traiter comme une merde et devenir le zombie de soi-même.
Quand je me suis rendue compte que je ne parlais que de mon boulot "de merde", à ma famille, mes amis, mes amants ... j'ai réalisé que ce boulot si précieux aux yeux de la société n'était que source d'enmerdes.
En clair, le burn-out ou la dépression post-taf de merde c'était trop pour moi, j'ai décidé que ma vie ne se résumerait pas à ça.
J'ai donc négocié mon départ et sans pot - de départ - ni quoi que ce soit, je suis sortie la tête haute et j'ai pris mon train pour la dernière fois.

Ensuite, sachez que si vous voulez tester votre amitié, le chômage sera votre meilleur allié !
Vous pourrez constater par vous-même que lorsque vous avez moins d'argent et vous déplacez-moi (car moins d'argent), peu de vos amis continuent de ... s'intéresser à vous.
A votre vie, vos humeurs, vos projets, vos doutes ... ce qui animent vos journées en réalité.

Quand tu as de l'argent à claquer en soirées parisiennes - pour toi et les autres - tu as plein de potes et ta vie sociale est dingue.
Quand tu as moins d'argent et donc, ne sors plus - ne rince plus - et préfère rester dans ta banlieue pour éviter de claquer ton budget courses dans des mojitos, curieusement tu n'as plus personne autour de toi.



Inutile de lancer le débat Paris / banlieue, on sait tous que le parisien ne sort pas de chez lui, et encore moins pour venir chez moi.
Alors moi, j'ai attendu, un peu.
J'ai été déçue, un peu.
J'ai été triste, beaucoup.
Puis après une phase de dépression post-chômage à base de :
- je n'ai plus d'argent
- je n'ai plus d'amis
- je n'ai pas de but dans la vie
- tout le monde s'en fiche de mon existence.

J'ai entamé ce que j'appellerai ma phase de "j'suis une meuf au top, j'ai plein de projets et je n'ai besoin de personne, ni en Harley ni en Davidson".
Et quand j'ai accompli tout ça, bizarrement les gens ont fait leur grand retour.

Ai-je réellement le temps d'être plus fréquentable lorsque je ne suis pas en dépression ?
Absolument.

Au début le chômage c'est cool, tu reprends des forces, tu te reposes, tu penses à ta vie, à son sens, à ce que tu aimerais concrétiser puis un beau jour tu atteins la "dépression zone" (citée ci-dessus) puis la "phoenix zone" pour enfin atteindre la "quiétude zone" et un beau jour tu te réveilles et là ... la "fierté et harmonie zone" te tend ses bras.

Je me suis sentie très seule, triste, incomprise, délaissée mais je ne me suis pas laissée abattre car dans la vie ton meilleur allié et bien c'est toi-même et personne d'autre.

En sept mois j'ai eu le temps d'être fichée bancaire, muscler mon cul à la salle, apprendre à gérer ce que je mangeais et donc, envoyait dans mon cul, prendre du recul quant aux gens que j'avais autour de moi, profité de ma famille, coupé mes cheveux, voyagé, suis partie en vacances, me suis cassée le pied, la tête et le coeur; teins mes cheveux en brun, en orange, en blond, en châtain, daté, fucké et peut-être même de tomber amoureuse.
Nan j'déconne.
Ou pas.

J'ai rempli mes journées d'activités que je n'avais pas le temps de faire lorsque je bossais telles qu'aller chez le médecin à 15h30 ou prendre un café à 17h00.

J'ai organisé minutieusement et consciencieusement mes projets et ce dimanche dernier était mon dernier en tant que chômeuse car aujourd'hui je commence ma formation.
Celle pour laquelle j'ai tout plaqué, quitte à en chier grave et OMG que j'en ai chié.

Sept mois plus tard, la tête haute et vidée de toutes nuisances j'ai préparé mon sac et m'apprête à rentrer en cours.
BRAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH.

Officiellement je suis toujours au chômage mais dans les faits je suis "en formation".

Je vous passerai la partie doutes de soi, vais-je y arriver, vais-je réussir, vais-je trouver ma place, vais-je tout arrêter à la première embûche car cet article c'est surtout de la reconnaissance pour toutes les personnes qui ne m'ont jamais lâché et soutenu jusqu'à la décision finale de mon entrée en formation.
Famille, amis, amants, lecteurs ... MERCI.

Merci à tous ceux qui m'ont soutenu dans cette aventure, qui ont pris de mes nouvelles - sincèrement - m'ont conseillé, ont suivi toutes mes aventures financières / professionnelles / familiales / amoureuses et j'en passe.
Vous avoir près de moi est une bénédiction et je l'oublierai jamais.

Gloire à vous, Gloire à moi, Gloire à Pôle Emploi et Gloire à mes futurs cours de Photoshop où je vais apprendre à retoucher toutes mes photos de profil telle la mannequin proclamée-par-moi et personne d'autre.


*HAPPY ZONE !*

30

17 sept. 2017

© La reines de pommes, Valérie DONZELLI.


Là tu te dis : ok y'a du lourd l'article va être ouf.
Et tu auras raison.

Sache public qu'après plusieurs semaines voire mois de je m'enfoutisme total vis-à-vis de la gent masculine, j'ai finalement craqué pour un garçon que je connais depuis 1905 mais que je n'avais jamais envisagé pour la bonne et simple raison qu'il a piné la terre entière.
Surement toi, ta soeur, ta mère et la fermière.
Il était donc impossible que je me retrouve dans son lit ou sur son pénis.

Ma vie étant très drôle merci beaucoup, on s'est retrouvés par hasard totale de la vie et du kilométrage sur une appli de rencontre.
C'est l'été, je suis fauchée, je ne pars pas en vacances et surtout suis aussi seule qu'un poisson rouge dans un aquarium.
La circonstance de retrouvailles étant très drôle, on a commencé à s'échanger nos numéros, plusieurs messages etc. La base j'ai envie de dire, puis au bout d'un certain temps il m'a invité à passer la soirée chez lui autour d'une bière, un barbecue, un film ... et moi j'y allais sans hésiter et surtout sans crainte de craquer parce que je n'avais aucune envie de me taper le tapin du tiékar et surtout, je connais ce mec depuis mille ans. 
Choper dans son cercle est une vraie mauvaise idée, croyez-en mon expérience.
Donc on a passé plusieurs soirées ensemble, à discuter, à manger, à boire et mater des films.
C'était grave cool.
C'est tout ce qui s'est passé. 
Au début.

Au bout de plusieurs soirées amicales sans aucune ambiguïté - de ma part du moins -  l'alcool et mon ivresse facile aidant, un soir est arrivé ce qu'il devait arriver lorsque l'on passe la soirée avec une bombe aussi canon que moi. 
Impact assuré.

Ce qui est hilarant c'est que la veille j'avais envoyé à BFF la liste des 10 raisons pour lesquelles je ne coucherais jamais avec ce mec et qu'il était impossible Oh vraiment peu probable qu'il se passe quoi que ce soit avec lui.

Donc là tu te dis que j'ai autant de conviction qu'une huitre et tu auras raison, totalement raison.

Tandis que les choses dérapaient pour mon plus grand "OMG WTF" je n'arrêtais pas de répéter :
- "c'est n'importe quoi, c'est n'importe quoi" (enfin c'était plutôt : c'est n'porte *hic* quoi, n'imp qu*hic*quoi) pendant qu'il détachait mon soutif et découvrait le Sein Grâal.
Quelques heures plus tard il ronflait et moi j'avais envie de pisser.
Impossible de me rendormir avec une envie de pipi et puis aucune envie de rester dormir chez lui en réalité.

A tatillon, dans le noir, entre le chien qui s'était endormi sur le lit (?!? depuis combien de temps était-il là ?) et les fringues éparpillées, je tentais tant bien que mal de retrouver mon pantalon.
 - oh putain c'est serré ! -  ah merde c'est pas le mien. 
Où est mon t-shirt ? Putain, bon tant pis, j'ai attrapé mon manteau, l'ai ceinturé par-dessus mon soutien-gorge et j'ai cherché mon sac, sac à 500 $ sur lequel cet enfoiré de chien s'était endormi.
J'ai avancé vers la porte sur la pointe des pieds, en tenant fermement mes clefs dans ma poche pour ne pas qu'elle "cling cling" et qu'elle réveille mon amant qui ronflait comme un porc.

Tandis que j'avançais à l'aveuglette, j'ai glissé sur une capote et j'ai failli me péter le col du fémur.
C'était dégueulasse mais rassurant.
J'ai voulu ouvrir la porte mais elle était fermée. Je l'ai déverrouillé dans un silence de mort et suis sortie de la chambre aussi légère qu'une plume. 
Je me suis dirigée vers la porte d'entrée, toujours sur la pointe des pieds et j'ai pressé la poignée pour sortir. 
La porte était aussi fermée à clefs. 
Bordel !
Sur la droite, un tableau avec cent milliards de clefs. J'avais donc une chance sur ... cent milliards de trouver la bonne.
J'ai attrapé une première clef, sans succès. Une deuxième, toujours rien. La troisième était la bonne, alléluia je suis sortie de chez lui pieds nus, tenant mes mules de 15 cm dans ma main et j'ai traversé ma ville dans un walk of shame estival de toute beauté.
Arrivée chez moi j'ai viré le peu de fringues que j'avais sur moi et je me suis enfin endormie dans un lit qui était le mien, sans chien pervers et sans ronflements.

Suite à cet épisode fort hilarant, j'ai fréquenté ce mec quelques semaines bien que celui-ci soit en couple.
Ah oui désolée j'avais omis ce détail de l'histoire, le mec a une copine.
Malheureusement pour elle et heureusement pour moi ce mec était aussi fidèle que Tiger Woods, ce qui était rebutant au début de l'histoire - et raison évidente pour laquelle je n'envisageais rien d'autre que des soirées barbeuc avec lui - mais ça c'était quand j'avais encore des principes car pour l'heure je ne pensais qu'avec mon moi intérieur et interne.

Pour la petite histoire, le lendemain de cette soirée de toutes les surprises il m'a envoyé un message se rendant compte que 1) je n'étais plus là et 2) la quasi totalité de mes fringues étaient restées chez lui.



Nous nous sommes vus régulièrement, c'était léger et sympa cette petite amourette de vacances, jusqu'à ce que tout parte en couilles - forcément.
Un soir, alors que nous avions prévu de regarder "le Roi lion" et que finalement nous étions directement passés à "comment s'entrainer à faire des enfants et se faire plaisir", j'étais tranquillement en train de récupérer de mon coït et d'admirer à quel point mes cheveux étaient laids après l'amour, lorsque Simba alla se faire un steak puisque apparemment il est tout à fait normal qu'un homme veuille se faire un pavé de bœuf après le sexe.
J'étais donc étendue sur l'herbe son lit telle une antilope qui attendait de se faire (re)croquer lorsque tout-à-coup j'ai entendu quelqu'un taper au carreau.
Ok, hallucination post-sexe sans doute, j'attendais toujours le retour de mon lion quand ça a re-toqué au carreau.
OH PUTAIN SA MEUF !!!

J'ai bondi telle l'antilope des steppes, j'ai couru silencieusement (imaginez tous la scène) jusqu'à la cuisine et j'ai mimé quelqu'un qui tapait au carreau puis le WTF avec mes mains.
Simba a mimé le "va tout de suite dans le salon !!" et j'ai sauté sur le canapé.

Et là... a commencé l'épisode que j'appelle : la gênance extrême.

Ce que vous ignoriez cher public, c'est que Simba ne vit pas seul mais en colocation.
Coloc que je connaissais dans la mesure où moi-même je connaissais Simba depuis mille ans.
Nos retrouvailles se sont déroulées de la manière suivante :
- moi sautant soudainement sur le canapé, à moitié sur les genoux du coloc, dégageant le chien d'une main ferme et les cheveux tels Hafida Turner, tandis que les mecs regardaient tranquillement la télé dans le plus grand des calmes au moment de l'impact de ma présence non-prévue et attendue de mon séant sur leur canapé.
J'ai nommé : le saut de l'ange.

Gênance extrême.

Moi : qui essaye toujours de paraitre cool et détendue alors que je ne suis pas certaine que je portais une culotte.
- Saluuuuuuut ! Ca va les gars ?
Les gars : qui me regardaient comme si j'étais folle et le coloc qui commence à m'engueuler parce que j'avais poussé le chien.

A ce moment précis de l'histoire j'ai eu envie de lui dire :
- "sérieusement mec ? Tu penses que j'en ai quelque chose à FOUTRE de ton chien pervers qui me regarde tailler du bois ? Penses-tu RÉELLEMENT qu'au regard de la situation actuelle, j'en ai sincèrement quelque chose à cirer de la manière dont j'ai dégagé ton putain de clébard pour me cacher dan ton salon ? 
NON SERIOUSLY ?!?!! T'as pas l'impression que la situation est anormale ? Que je préfèrerais être n'importe où sauf ici, en planque sur ton putain de canap ?".

Mais je me suis abstenue.
Premièrement parce que j'avais besoin de sa coopération, que j'avais déjà honte d'être visible étant donné que personne n'était au courant de nos petites affaires de lions et surtout, parce que Simba a accouru dans le salon en me balançant mon sac, mon manteau et mes Stan dans la gueule, en faisant "psttttt pchtttt" avec ses mains, d'un air de : "dégage maintenant !".

Moi, le manteau à moitié sur la gueule et les Stan éparpillées, le coloc qui me regardait toujours de travers, son pote qui ne comprenait toujours rien parce qu'il est trop con et le chien qui m'observait en coin et me jugeait tout en se délectant les babines de la situation ce fils de pute.

Dans ce chaos tout ce que j'ai trouvé à dire c'était "et mon Iphone ?" qui chargeait dans sa chambre.
A côté de mes bracelets. Eux-mêmes à coté de mon string panthère. Lui-même à côté de trois emballages de capotes.

Voilà voilà.

J'étais au max de la situation merdique, situations dans lesquelles j'excelle dans l'art de m'y fourrer un peu trop souvent à mon goût.
Quand soudain, l'illumination a coupé court à mon envie de suicide imminent,

- Aaaaaah ok j'ai compris ! a fait le coloc.
- ?!? a fait l'autre mec.
- Ouaf ouaf ! a fait le chien.
- Ah ah ah on en rira plus tard ! a menti Mona.

J'avais envie de m'enterrer vivante ou d'hiberner sous terre et ne sortir que pour les soldes d'hiver 2018.
Sans déconner, la gênance, la honte de la mort, j'étais au plus mal du malaise malaisant.

Les colocs ont ri de bon coeur tout en continuant de regarder The Voice Kids et moi j'ai mis mes Stan Smith tout en tentant de rester digne, ce qui n'était pas évident.
Simba est revenu de nouveau dans le plus grand des calmes et m'a dit "mais non y'a personne !" et a continué de faire cuire son steak dans la plus grande des décontractions.

Étais-je la seule à avoir vécu ce moment ou bien tout le monde était anormalement passé à autre chose ?

Sans un regard je me suis levée pour aller dans sa chambre, j'ai récupéré mes effets personnels mais pas ma dignité et alors que j'avais envie de le déboiter, le dérouler, lui faire un long et puissant discours à base de :

- Moi on me cache ? Non mais sérieusement MOI on me cache ? Moi on me cache pas moi, moi je suis une Reine moi. Je pars pas par la porte de derrière avec mon manteau sur la tête.
Je suis une BOMBE moi, je pars pas moi. On m'assume moi ! On est fier, on se la raconte de me côtoyer, on me balance pas mes chaussures dans la tronche sans vergogne parce qu'une pucelle tape au carreau.
JE SUIS L'EXCELLENCE BORDEL !"

Mais au lieu de ça j'étais tellement honteuse et énervée que j'ai dit "vazi vazi vazi vazi vazi ..." en boucle et que je suis partie, la tête presque haute et par la porte de devant s'il vous plait.
Lui, a voulu faire une joke et m'a dit "attention qu'on ne t'attende pas devant le portail pour te tirer les cheveux ! ah ah ah." et j'ai eu envie de répondre :

- Moi on me tire les cheveux à moi ? Moi on me bouillave moi ? Moi on me bouillave pas moi. Moi je me bats pas pour un mec mon gars, j'ai pas ton temps ! Je suis l'excellence bordel !".

Mais à la place j'ai dit "azi azi azi azi azi ...." en boucle et ce jusqu'à chez moi ou plus personne n'était là pour m'entendre.

On n'a jamais su qui avait tapé au carreau et à vrai dire ça m'est bien égal.
J'ai compris que je n'étais pas le genre de fille à se cacher puis partir par la fenêtre, quand bien-même le mec habite au rez-de-chaussée.
Je suis plutôt le genre à me fourrer dans des situations rocambolesques mais pas au point d'y laisser mon honneur.

Enfin ... oui bon.  Je l'ai revu quand même un peu. UN PEU !

Puis la situation ne me convenait plus, sa copine existait toujours et j'avais mieux à faire que perdre mon temps avec un mec qui donnait des tickets d'entrée aux meufs qu'il côtoyait tellement c'était le défilé.

Je suis mannequin c'est vrai, mais mannequin d'excellence bordel !

Et à vrai dire, je ne pouvais décemment pas fréquenter un mec qui lorsque je lui envoie une photo sexy avant de dormir, m'a répondu le message suivant :



Moi on me dit bonne nuit à moi ? Moi on me dit bonne nuit quand j'envoie une photo sexy ? 

Azi azi azi azi azi azi azi azi azi azi azi azi azi .....

17

23 août 2017


Oui la meuf n'a pas le time. 
A la base je voulais - et c'est ce que j'avais indiqué sur mon profil - juste me faire des amis pour aller à la plage car rappelons-le, je bronze seule ce qui est cool mais qui est également comme son nom l'indique source de solitude.
J'espérais donc me trouver des mecs de plage avec qui passer mes après-midi et OF COURSE, j'ai cherché tout ça sur tinder.
J'ai matché rapidement avec quelques bretons dont un qui après de brefs échanges proposa qu'on aille prendre un verre le surlendemain.
J'ai dit oui like la fille cool tout en sachant que je trouverais une excuse pour ne pas y aller like a boloss.

Le mec m'a envoyé un message le samedi soir vers 20h00 or je pensais qu'on se verrait dans l'aprem et le wifi et la 4G étant inexistants dans ce bled, j'ai eu son message seulement vers 21h00 donc je n'ai tout bonnement pas répondu.

Le mec m'a relancé deux jours après.
Je me suis dit qu'il était sympa et surtout soyons clairs, j'aime qu'on me relance car je me sens Reine du monde.
Le gars proposait qu'on aille se baigner ou qu'on aille prendre un verre. Moi je rentrais de la plage, il était 18h30 et Papy n'allait pas tarder à se mettre à table car oui, je suis en vacances en tête-à-tête avec mon grand-père donc je dîne tôt !
J'ai donc proposé au breton qu'on se voit après et il a dit ok. Papy était mort de rire quand je lui ai raconté que j'avais rencard avec un local et a suggéré que je me coiffe car il ne connaît rien au wavy bitchy hair.
On a mangé des langoustines ce soir-là, ce qui est très important pour la suite de l'histoire.

Inutile de vous dire que j'ai expédié le dîner like a bitch et que moins d'une heure après j'étais en mini-short et rouge-à-lèvres en direction du lieu de rendez-vous.
Bon en réalité j'étais juste dehors car je ne savais pas où nous avions rendez-vous car le breton ne répondait pas à mes messages.
Ambiance ...

Quand enfin il daigna me donner signe de vie pour m'indiquer un endroit que je ne connaissais pas parce que HELLOOOOOOOO je ne suis pas du coin, le mec a encore mis trois plombes à me répondre lorsque je lui demandais de quelle fucking sandwicherie il parlait.
Histoire de passer le temps, mon seum et mon envie de chier (cf. les langoustines) je me suis connectée sur tinder pour (re)voir ses photos et ainsi me (re)familiariser avec sa face de breton et ainsi ne pas le confondre avec le premier brun musclé que je croiserai.
Le fait est que lorsque je me suis connectée sur sa fiche le mec apparaissait à 23 kilomètres or j'étais à 200 mètres de sa putain de sandwicherie.
Moment de panique et là ... la parano zone fut franchie.

Le  mec se foutait de ma gueule en fait, il était tranquillement chez lui et avait envoyé ses potes se foutrent de la gueule de la parisienne mi-brune mi-blonde qui cherchait la sandwicherie de la plage comme une idiote.
Hyper drôle enfoiré, j'étais trop vénère. Mais qui fait ça en 2017 s'il vous plaît ?
Inutile de vous dire que le stress engendré par ma parano zone me fit entrer dans la "je vais me iech dessus" zone.
J'ai appelé Natacha - la base - et lui ai demandé si vraiment des mecs pouvaient faire ça en de nos jours ou si j'avais trop regardé les films qui se passent dans les lycées américains où l'équipe de pompomgirls se foutent de la gueule de l'intello du bahut en lui faisant croire que Jake, le capitaine de l'équipe de football veut sortir avec elle alors qu'en réalité elles se cacheront dans un buisson pour se moquer d'elle et publieront les photos de la pauvre meuf qui attend Jake au Dinner du coin, dans le journal du lycée.
Parano zone en soi.

Elle m'a répondu que non, mais que le mec pouvait quand même répondre étant donné que HELLOOOOO je le répète ne suis pas du coin bordel !
Je n'en pouvais plus, je suis rentrée chez moi énervée tout en serrant les fesses, papy m'a dit "déjà?" et j'ai répondu "envie urgente" en direction des chiottes.

Dégoûtée, déçue et pensant que même les bretons me prenaient pour une dinde, je suis ressortie plus légère mais toujours vénère et j'avais décidé d'aller méditer sur le sens de ma vie face à la mer.
En sortant j'ai reçu un message du breton qui disait "j'arrive vers chez toi :)" alors que j'allais lui envoyer "va bien te faire enculer toi et toute ta famille de bouffeurs de merlu", d'où le fait de vraiment suivre les conseils de mes amis qui me suggèrent de compter jusqu'à dix avant de parler quand je suis énervée.

On s'est donc bien retrouvés, il était pas mal bien qu'il ait - comme par hasard - oublié de publier les photos de ses cheveux grisonnants sur son profil mais ça lui donnait un charme.
On s'est posés sur la plage, il était méga timide et ne me regardait pas quand il me parlait, ni quand je lui parlais d'ailleurs.
Ambiance de mort.

Finalement il a proposé qu'on aille marcher et m'a fait une visite guidée et commentée de la ville, ce qui était assez sympa.
Devinez son métier ? Je vous le donne en mille : le gars est pêcheur.
Choc des cultures de la citadine et du marin, c'était assez intéressant, voire un tantinet excitant.
Les deux heures de marche passées à crapahuter, j'avais envie de le défoncer mais je me suis retenue quand il a dit "je vais chercher des bières ?".

On a bu notre binouze sur la plage tout en regardant les étoiles et écoutant le bruit des vagues.
Ça aurait pu être romantique si le mec m'attirait ne serait-ce qu'un peu mais non, le mec avait beau être beau et sexy pêcheur, il ne me faisait ni chaud ni tiède.
Par exemple quand on a parlé de tinder il a dit que c'était clairement sa nouvelle activité favorite quand il faisait caca.
J'avais envie de lui dire que ce qu'il faisait sur le trône ne m’intéressait en rien mais j'ai été polie et j'ai regardé le ciel en me disant "putain le mec vient de dire caca".
Qui parle caca au premier rencard s'il vous plaît ? Est-ce-que j'avais le time de lui parler de mes langoustines ? Je ne crois pas.

Il ne m'a quasiment posé aucune question alors qu'on a passé près de quatre heures ensemble, j'ai moyennement apprécié mais bon, le mec avait l'air dispo et je me suis dit qu'un mec de vacances avec qui aller à la plage ça pouvait faire l’affaire.
Vous savez je suis ce qu'on appelle une meuf entière, pas dans le sens "nan mais moi je dis toujours ce que je pense" qui pour la plupart des meufs qui disent ça, sont des grosses victimes.
Non moi c'est plutôt que je ne sais pas faire semblant ou du moins masquer mes émotions. Je suis plutôt excessive et adepte du "blanc ou noir" mais jamais gris.
Quand je suis contente je le clame haut et fort et le monde entier est au courant car je suis une passionnée. Peu importe mon émotion je l'exprime à fond, avec passion, avec candeur.
Un mec qui me plaît je le sais tout de suite, ça ne vient pas après, peut-être, éventuellement - non = je kiffe ou je ne kiffe pas.
Lui je ne l'ai pas kiffé, mise-à-part le fait d’être asthmatique tous les deux on n'avait pas grand chose en commun et anaywway le mec ne savait quasiment rien sur moi vu qu'il ne m'a posé aucune question.

Mais comme je le dis, pour des vacances et ne plus être seule sur la plage pourquoi pas ?
J'ai dit que le mec était dyslexique ? C'est important car plus tard dans la soirée, alors que je lui demandais (pour faire la meuf genre oui j'ai besoin de ton savoir homme marin) quelle était la lumière verte face à nous, il m'a répondu qu'il ne voyait pas de quoi je parlais donc j'ai répété "la lumière verte, là, en face de nous, le seul truc qu'on voit en fait" et il a confirmé qu'il ne voyait pas de lumière verte.
J'ai failli lui dire "PUTAIN TU VERRAIS PAS UNE BITE DANS UN CHAMP" mais je me suis abstenue et j'ai répété "làààààààààà en face ! en vert !" et le mec m'a répondu qu'il était daltonien.
J'ai répondu qu'étant dyslexique et daltonien il aurait carrément pu faire Secret Story car c'était un bête de secret mais il n'a pas compris la joke.

Bref, il m'a raccompagné, je l'ai remercié et il a émis le fait qu'on se revoit auquel cas j'ai répondu qu'il avait mon numéro.
Pas de message en rentrant qui disait "super soirée épouse-moi beauté divine" mais je m'en battais totalement les boobs.
Le lendemain, seule à la plage, j'ai quand même décidé de lui écrire parce que ... bah j'étais seule.
Je l'invitais donc à me rejoindre sur la plage. Le mec a mis mille ans (1h15) à me répondre ce qui déjà m'avait bien saoulé, sauf qu'en réalité, le fait qu'il ait mis du temps à répondre s'est finalement avéré être le cadet de mes soucis.
A mon message "hello, tu fais quoi ? je suis à la plage :) "
Le mec a répondu "salut, ma fille est malade je m'occupe d'elle, bonne plage".

...

Et là, public, tu te dis quel est le problème ?
Je vais te dire quel est le problème public, le problème c'est que le mec avait omis de me dire qu'il était papa, ce qui, soyons honnêtes, n’est pas un problème pour moi dans la mesure où tu le dis et ne le caches pas et surtout, ne le place pas en soum-soum dans un texto.
Moi par exemple, j'ai placé mon neveu dix fois dans nos discussions, et pourtant ce n'est pas mon fils.
Le mec n'a à AUCUN moment parlé de sa fille alors qu'en plus je lui ai jeté des perches énormes du style "t'as trois chambres ? c'est pour tes enfants ? AH AH AH", le mec n'a pas pipé mot.

Le mec est papa, le mec est busy, le mec a une fille, très bien et mazeltov mon gars.
Mais avec qui je vais aller à la plage maintenant ?

En bonne fille que je suis j'ai répondu "ok, bon courage" mais vous croyez qu'il m'aurait répondu ? 
Ou qu'il m'aurait re-écrit ? 
Seriously ? Et bien putain de non !

Avais-réellement le temps de me faire ghoster par un pêcheur ? La réponse est oui.


Rien af', je suis quand même une sirène.



PS : si t'es dans le Finistère appelle moi, on ira barboter ensemble.
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