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17 déc. 2017


Pour comprendre mon histoire il faut remonter quelques générations en arrière ...

Meghann, Maman et moi

Mon arrière-grand-mère italienne a eu huit enfants : déjà c'était un truc de ouf.
Quand je vois ma soeur parfois au bout de sa vie avec un seul gamin je me dis que la nonna elle assurait.
Son mari était très sympa mais très ami avec le vin italien, du coup elle s'est un peu démerdée toute seule pendant que le grand-père était au café avec ses amici.
En même temps à l'époque il n'y avait pas énormément de choses à faire dans le village, c'était soit le café soit l'Église. Disons que pépé préférait s'enjailler avec ses potes et comme il aimait beaucoup sa femme et bien quand il rentrait il lui faisait des bébés. Huit donc.

Tomaso et Francesca
Nulvi (SS) Italie

Puis vint la guerre. Mon arrière-grand-mère comme elle avait eu plein d'enfants, a pu nourrir tous les enfants du village grâce à son lait. En temps de guerre, c'était l'avarie partout mais grâce à ses boobs, tous les enfants ont pu être alimentés.
Elle a été le fournisseur officiel de latte et du coup elle a toujours eu des gros boobs.
Hasard ? je ne pense pas.
Hérédité certaine ? Sans aucun doute.

Un jour je vous raconterai comment mémé a planqué un bandit italien en cavale dans sa cave, parce qu'elle était révolutionnaire et surtout, avait des couilles.
Il en fallait pour tenir une maison et huit enfants quand son mari était absent.
Mon arrière grand-mère était une guerrière. C'est la mère de ma Mamé qui me manque tant.

Francesca et Tomaso
Nulvi (SS) Italie

Mon autre arrière-grand-mère a eu moins d'enfants mais les a élevés seule car comme il n'y avait pas de travail en Sardaigne à  l'époque, le pépé est parti bosser en Argentine.
J'ai toujours pensé que du coup j'avais de la famille là-bas (huit ans c'est long) mais j'ai jamais osé demander.
Elle a donc élevé ses enfants - dont mon Papé - toute seule, à la force de ses bras, de son coeur et de ses plantes car elle était guérisseuse. Oui mes amis, elle soignait grâce aux plantes.
Grâce à ce don elle a soigné tout le village.

Était-elle pote avec mon autre arrièrerand-mère ? Tout à fait.
L'une nourrissait, l'autre soignait.

Des femmes qui assuraient mes arrière-grands-mères.

Ma Mamé, je vous en ai parlé un peu lors d'un article assez triste mais sachez que c'était un rayon de soleil.
Ma/ sa famille a vécu des drames très difficiles et pourtant ... toujours debout, toujours courageuse, toujours une guerrière.
Elle a surmonté le pire qui puisse arriver à une mère et s'est occupée de sa famille, de ma mère, de ma tante, de mon Papé, puis de moi, de ma soeur et enfin de ma petite cousine comme une Reine, une vraie louve.

Elle est partie bien trop tôt, sans prévenir, sans qu'on soit préparé à cela et pourtant, sommes-nous préparés à vivre le départ soudain et prématuré de quelqu'un ? 

 
Mona et Mamé _ Tata Gavina, Mamé et Mia


Ma grand-mère n'avait peur de rien, c'était une battante, elle était dans la place et j'essaie chaque jour d'être à la hauteur de sa relève.
Lorsque nous étions petites, avec ma soeur, et que nous avions peur "du loup" elle nous disait dans le plus grand des calmes : "maaaa si il vient jé lo toue !" et nous répondions "bon bah ok, bonne nuit !" rassurées et sereines.

Toutes ces nuits à nous bercer, toutes ces fois où ma soeur se levait pour dormir avec elle et qu'elle virait mon grand-père parce que chez nous, les femmes ont du caractère et c'est pas un "vieux bonhomme" comme elle disait qui allait l'empêcher de dormir avec sa petite fille.
Une vraie louve, elle a su protéger son clan toutes ces années.

Une fois mes grands-parents ont failli se faire car-jacker. Mon grand-père est sorti de la voiture et le FDP l'a attrapé à la gorge. Ma grand-mère est à son tour sortie et je ne sais pas si elle lui a parlé en français, en italien ou en sarde mais notez bien que le mec s'est cassé en courant.
Elle n'avait pas le time Mamé.

Un jour je vous raconterai comment elle menaçait d'exploser les genoux de mon père et ce, à chaque fois qu'elle le croisait. 
C'est mon étoile, mon ange, ma protection. Elle me guide chaque jour et veille sur nous tous.


Puis forcément, la Reine, l'unique : ma mère.


Plus je grandis et plus je réalise tout ce qu'elle a fait pour nous. Élever ses deux filles seules, se retrouver jeune divorcée après un an de mariage parce que les hommes sont faibles et sans couilles (salut papa !).

Plus les années passent et plus je traverse les âges qui ont été les siens.
21 ans elle rencontrait mon père, 25 ans j'arrivais, 29 ans ma soeur débarquait à son tour, 34 ans elle se mariait et 35 ans mon père quittait notre maison.
Lorsqu'il s'est finalement rendu compte que la standardiste l'avait lassé et qu'il est revenu sonner chez ma mère, elle lui a sorti son plus beau "ah j'crois pas nan !" lui claquant la porte sur ses couilles molles.

Aujourd'hui, à 54 ans elle reste la mère la plus à l'écoute, la plus farfelue, la plus cool et la grand-mère la plus aimante du monde.

Les années filent et je réalise à quel point elle a géré notre vie, notre enfance, notre quotidien avec une main de Reine.
J'ai du mal à m'en sortir seule dans un HLM avec un Smic mais elle, elle a réussi à gérer notre vie à toutes les trois sans qu'on ne manque jamais de rien.
J'ai toujours eu le dernier blouson à la mode, suis toujours partie en vacances, eu des Noël féériques et chaque soir lorsqu'elle rentrait du travail sur son vélo, elle nous rapportait un petit cadeau. Toujours.
C'était notre moment à nous, son pouvoir de mère, notre pouvoir à nous, le pouvoir des trois.
Toutes les trois, entre filles puis femmes nous avons surmonté l'insurmontable à travers les années.

Elle nous a toujours fait confiance, nous a rendues autonomes et surtout, appris à s'assumer sans jamais avoir besoin d'un homme.

Ma mère nous a appris à être indépendantes et ne dépendre de personne.

Bien que certains moments de nos vies aient été chaotiques ma mère a toujours tout géré d'une main de maitre.
Ma soeur était folle, j'étais un boulet et pourtant elle ne nous a jamais lâchées.

Elle a toujours été cool, a toujours cru en nous et nous a sans cesse soutenu, quitte à nous laisser faire ce qu'on voulait parce qu'elle avait confiance en nous.
Elle avait raison car jamais nous n'avons eu de comportement déplacé bien que ma soeur ait mis le feu à un local EDF et qu'elle a à son actif quatre gardes-à-vue.
Mais là n'est pas le sujet.

J'ai toujours su que ma mère était douce mais je la croyais inoffensive. Je me trompais lourdement.
Je l'ai su le jour où j'ai failli par lui avouer qu'un garçon du quartier me martyrisait depuis des années et qu'elle l'a chopé dans la rue en lui disant de bien faire attention quand il marcherait la nuit.
Que le jour où il ne s'y attendrait pas elle arriverait par surprise avec une batte de base-ball et lui exploserait la gueule.
Comme je vous le dis, je le jure sur ma vie.

Le mec m'a-t-il déjà re-adressé la parole ? Absolument pas.

Puis le fameux jour où nous marchions dans la galerie marchande avec ma soeur et dont on parle encore, même dix ans plus tard.
Nous discutions lorsque tout à coup ma mère s'est immobilisée, nous a dit "je reviens" puis a fait chemin arrière en direction de deux hommes. Des adultes, d'à peu près son âge.
Elle s'est dirigée vers eux comme une furie, pendant que nous regardions la scène sans trop comprendre ce qui se passait. On n'avait rien vu venir ...
Arrivée devant eux, dans un élan de rage et de louve, elle leur a hurlé dessus, avec la voix et les mains à l'italienne, les traitant de gros porcs en criant qu'elle refusait qu'ils nous regardent comme ça.

- C'est inacceptable ! Vous n'avez pas à regarder mes filles de la sorte !!! Vous ne les regardez pas comme ça, baissez les yeux ! BAISSEZ LES YEUX JE VOUS DIT !!!

Elle les a tellement affichés qu'ils ont baissé les yeux comme des grosses baltringues et sont partis.
Elle est revenue vers nous comme si de rien n'était, tandis que nous restions interloquées, les yeux tout ébahis et les bouches grandes ouvertes.

Nous n'avions même pas remarqué que ces hommes nous avaient reluquées comme des porcs - l'habitude, malheureusement - de ce genre de situation.
Ma mère, elle, a pas du tout apprécié et leur a bien fait savoir.

Depuis ce jour, nous regardons notre mère différemment, on avait vu ses couilles, elle les avait posé devant eux et eux, n'étais pas prêts.
Une louve protège toujours sa meute.


 


Et ma soeur que je ne présente plus. Ma moitié, mon sang, ma vie.
Sans elle je ne suis pas moi, entre amour extrême et haine immense nous avons traversé les années et malgré le chaos notre lien inébranlable a toujours été là.

Ma seule et unique soeur avec qui je partage tout cet héritage et que j'aime intensément, qui nous a offert un louveteau qui illumine nos vies depuis cinq ans déjà.
Enceinte à 19 ans, jeune maman à 20 ans et mère célibataire peu de temps après. Les statistiques et les mauvaises langues lui avaient prédit un avenir à la NRJ12 mais non, oh que non, ma soeur est la personne la plus forte que je connaisse.
Elle a élevé son fils seule, à la sueur de son front et à l'amour de son coeur, une mère louve qui a toujours tout sacrifié pour son enfant.

Toujours apprêtée, toujours bien maquillée, quand tu la vois tu ne devines pas tout ce qui se cache derrière : la tristesse, la solitude, la maladie, les soucis ...
Elle offre à son fils une vie paisible et épanouie, même dans l'adversité.

C'est une maman seule, mais tenace. Une jeune femme tombée malade mais jamais à terre.
Qui a eu des gros soucis financiers mais a gardé la tête haute sans que jamais son fils ne s'aperçoive de rien et que sa vie soit la plus sereine et heureuse possible.
Elle cuisine pour nous tous, elle sait recevoir mais surtout donner. Le coeur sur la main mais prends garde elle peut aussi t'arriver sur la gueule en cas de crise.
J'en sais quelque chose.

Elle non plus ne s'est jamais laissée berner par un homme, quitte à renoncer au confort de la vie de couple pour privilégier sa vie de famille, sa seule raison de vivre : son fils, son louveteau.

 


La notion de sacrifices et de rester debout à travers les épreuves fait partie intégrante des femmes de ma famille.

Alors moi, j'essaye à mon niveau d'assurer la relève de tout cela. Je veux rester forte pour elles, pour moi et ne jamais m'abaisser devant quiconque.

Je me souviens de toutes ces fois où je me suis mise dans des situations qui me faisaient souffrir.
Toutes ces larmes non pas de tristesse mais de honte.
Je pensais à toutes ces femmes qui ne s'étaient jamais laissées faire, ni par un homme ni par qui que ce soit, tandis que moi je me complaisais d'une vie merdique de laquelle je n'avais pas la force de m'échapper.
Je restais dans ma souffrance car je n'étais pas assez forte pour en sortir.

Puis un jour ma mère m'a dit : "toutes les femmes de notre famille ont eu des couilles, elles ne se sont jamais laissées bouffer par un homme, ça ne va pas commencer avec toi" et ça a fait écho en moi, j'ai eu un déclic, j'ai réalisé d'où je venais et le patrimoine avec lequel j'avançais.

Depuis, j'ai tout changé dans ma vie et me suis promis à moi et à mes anges, que jamais je ne me laisserai abattre par un homme.
La vie c'est dur, les épreuves nous affaiblissent et c'est normal d'être déçu, triste parfois même anéanti.
Mais ça ne doit jamais durer jamais longtemps, parce que quoi qu'il arrive, la vie continue, avec ou sans toi.

On choisit de tout arrêter, abandonner. Ou bien de se battre pour son honneur et avancer.

Avec ou sans toi le soleil continuera de se lever.

Récemment j'ai vécu une déception amoureuse, comme ça nous arrive à tous.
Pour une fois j'avais donné autre chose que du cul, peut-être même un bout de mon coeur mais pourtant j'ai été déçue.
J'ai pleuré tout le weekend comme une baltringue puis me suis promis que dès lundi, je reprendrais ma vie de guerrière et c'est ce que j'ai fait.

Parce qu'avec le temps, les erreurs et les expériences, j'ai compris que tout n'était que des leçons, et j'ai beaucoup appris, énormément relativisé.
Avec le temps on sait ce que l'on veut, et surtout ne voulons plus.

Je viens d'une famille de vraies louves. Le lien qui nous unit notre trio, ma mère ma soeur et moi est indescriptible. Incassable, on a toujours tout traversé ensemble.

On vit ensemble on meurt ensemble.

Elles sont ma meute, la louve seule meurt, la meute survivra toujours.

Toutes les femmes de ma famille ont toujours traversé les épreuves et su protéger leur meute.
Elles font toutes ce que je suis aujourd'hui. Je leur doit tout : mes origines, ma force, et mon courage je puise en elles.

Alors quand j'ai décidé de me refaire tatouer c'était l'évidence, il n'y avait aucun doute.
Il fallait faire honneur à toutes les femmes de ma vie, les arrière grands-mères, ma grand-mère, les tantes, les cousines ... ma mère et ma soeur.

Faire honneur à notre meute.

Crédit photo : Stan DS.



Forza  




✲ Informations pratiques  :
Le tatouage a été réalisé au Tough Cookie Tattoo Shop à  Boulogne par Stan.
Le dessin provient d'un dessin retouché et personnalisé par Stan et moi.
La typographie a été faite par ma Young Matka.


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4 déc. 2017

Inutile de préciser qui est cet adorable enfant au sourire ravageur

Je me souviens, il y a plusieurs années, alors que j'étais fan de Nelly pensant réellement qu'un jour un mec avec un pansement collé sur la tronche viendrait me déclarer sa flamme dans une soirée hip-hop près d'une piscine, une de mes copines apprenait que son mec avait essayer de choper sa pote.

Les mecs n'ayant toujours pas capté que les filles se parlaient entre-elles, ma copine décidait de ne rien dire et d'attendre que son mec fasse le déplacement jusqu'à chez elle pour lui dire "espèce de gros FDP, va bien te faire cuire le cul et rentre chez ta mère".

Est-ce-que j'étais présente lorsqu'elle lui a dit ? Absolument.
Est-ce-que le mec est reparti la queue entre les jambes - en oubliant sa brosse à dents chez ma copine - ? Tout à fait.

Le fait est qu'après son départ, on a nettoyé la cage d'escaliers avec sa brosse à dents en se marrant comme des dindes. A l'époque, il n'y avait pas Snapchat et c'était fort dommage car ça aurait été la grosse marade de lui envoyer une photo de sa brosse pleine de mouches mortes et de poussière dégueulasse, le tout ponctué par une photo de nous lui faisant un gros doigt.

Pour la petite histoire, peu de temps après je me suis faite passer pour une voyante sur MSN auprès de lui - le début de l'espionnage 2.0 - en narrant l'hypothèse probable qu'il avait fait beaucoup de mal dans sa vie à une grande blonde, ce à quoi il acquiesçait vu que les mecs sont des bouffons et que personne n'aurait imaginé un seul instant qu'une ado de 16 ans puisse se faire passer pour un devin parce que c'était un vrai truc de psychopathe.
Un peu comme quand j'envoyais des photos d'Avril Lavigne aux mecs sur Skyrock en disant que c'était moi et qu'ils me répondait "whao té tro bel ^^".

J'ai toujours eu la mythomanie en moi, j'y excelle c'est inné.

Bref, il y a quelques temps j'ai eu un amoureux. Pas hyper longtemps mais un vrai amoureux et ça faisait bien plaisir.
Je n'en ai pas parlé sur le blog pour éviter toute chkoumoune et parce que je parle de mes histoires de cul de merde de nuit d'amour uniquement lorsque celles-ci sont terminées afin de ne pas me porter la poisse.

Vous me direz, je fais ça à chaque fois et je ne suis toujours pas mariée, je devrais peut-être penser à changer de méthode.

Quoi qu'il en soit j'ai roucoulé quelque temps, assez longtemps pour que le mec s'achète une brosse à dents à laisser chez moi mais pas assez pour le présenter à ma mère.

Ce mec était dingue de moi, sans déconner. 
Et moi ça me faisait flipper, sans déconner.
D'habitude c'est moi la folle. Celle qui signe déjà avec le nom de famille du mec rencontré une heure auparavant, qui imagine déjà les vacances d'été et les photos insta qui vont avec, qui fait un devis pour les faire-part de mariage, a trouvé le prénom de nos enfants et la ville où on fêtera nos noces d'or.
Mais ça, c'est surtout dans ma tête.

Dans la réalité je suis tellement névrosée et handicapée des sentiments que même un mec dont je suis dingue et folle amoureuse je ne lui dirait jamais.

Là j'étais tombée sur un mec plus dingue que moi, celui qui après un rencard (et autres) me proposait qu'on s'installe ensemble.
Dans les faits, un mec fou amoureux qui n'a pas le time de niaiser c'est totalement ma came.
Dans la réalité il me faisait flipper car tout ça semblait "trop" pour être sincère.
Pourtant, il ne lâchait pas l'affaire, était toujours aussi impliqué, mignon, amoureux et venait me voir souvent quitte à se taper des missions le lendemain pour aller bosser, même pour quelques heures.
Juste pour passer du temps avec moi.

Petit à petit je me suis détendue et j'ai commencé à profiter de ce mec fou de moi.
Parce que ça faisait quand même plaisir et qu'à un moment donné il fallait arrêter les conneries et profiter des opportunités que la vie nous réserve. Surtout quand l'opportunité est folle amoureuse de moi.

Tout se passait plutôt bien lorsque je ne pétais pas un câble mais le mec étant fou de moi (je vous l'ai dit ?) il adorait mon côté tarée italienne au caractère bien trempé.
Une perle en somme.

Bon les gars, vous vous doutez bien que si je vous en parle il y a eu une couille (voire deux) dans la carbonara.

Le fait est que ce mec aussi amoureux soit-il, était aussi influençable que ton pote qui voulait voter pour Hamon et s'est finalement rangé chez Marine.
Et lorsqu'il m'a présenté son pote archi blindé mais archi con, la couille s'est vite imposée.

J'ai oublié de préciser à l'assemblée que mon mec fou avait une situation plutôt confortable.
Du genre "tu fais quoi ce week-end ? - je vais boire un verre avec mes potes à Répu et toi ? - je vais au congrès Ferrari en Allemagne, comme ça je fais rouler ma voiture - ok bisous".
Ce genre-là.

Le genre qui te dit qu'il dîne au Costes tandis que tu prends le menu enfant au Mcdo.

Mon mec avait de la tune mais trainait avec un mec encore plus friqué que lui avec qui le courant n'est pas du tout - du tout - passé.
On s'est rencontrés dans un resto du 8ème alors que nous sortions du ciné. Quand nous sommes arrivés le mec était avec sa maitresse d'Europe de l'est - grosse ambiance du cliché de gros boloss.

Il n'y avait qu'eux dans le resto, resté ouvert que pour lui, sa Porsche garée devant la terrasse et surveillée par trois mecs à temps complet et son portefeuille Louis Vuitton posé sur la table à côté d'une bouteille de champagne équivalent à ma taxe d'habitation.
Il aurait pu être très sympa, mais non.

Il était tellement con qu'à chaque fois qu'il feintait de s’intéresser à moi mon visage répondait "t'es trop con" avant même de rebondir sur sa question.
Il était 2h00 du mat passé, j'avais froid, je me faisais chier parce que mon mec et l'autre trou du cul ne parlaient que business parce que ÉVIDEMMENT ils étaient associés / BFF / meilleurs amis de Paname / de soirées / de boîte / de salle de sport et probablement d'enfilage anal mais là n'est pas le sujet.

Quand nous sommes finalement rentrés, j'étais énervée et congelée alors quand mon mec m'a demandé comment je trouvais son pote, mon regard n'a pas menti.

Je vous la fais courte, deux jours après mon mec pétait un câble au téléphone en me hurlant de "rester à  ma place, qu'il était un businessman, que j'avais trop cru que j'étais sa patronne, que la dernière fois qu'il avait bossé pour quelqu'un il avait 20 ans, qu'il n'avait pas mon temps parce que c'était un mec qui pesait, qu'il était dans le business et que sur ce : bonne soirée Mona" avant de me raccrocher à la gueule.
Je ne l'ai jamais rappelé.
Le mec était certes fou de moi mais surtout fou influençable et à en entendre sa façon de me parler - totalement inédite pour ne pas dire gros fdp - j'ai vite compris qu'il s'était fait retourner le cerveau par son pote en carton.

Avais-je réellement le temps de le rappeler pour pleurer :"ne me quitte pas, il faut oublier, tout peut s'oublier qui s'enfuit déjà, oublier le temps, des malentendus ..." ? Je ne crois pas.

La raison de cette dispute téléphonique en mode volte-face ? Mon mec qui likait des photos de meufs à poils sur les réseaux et moi, stalkeuse professionnelle confirmée à qui on ne peut rien cacher qui avait moyennement apprécié sa méthode de communication 2.0.

On pourrait se dire que liker des photos de meufs à poils sur Instagram n'est pas "si" dramatique que ça dans la mesure où ce n'est que du virtuel.
Par contre, un mec qui me manque de respect et me demande de "rester à ma place" ne mérite en aucun cas mon temps, ni mon attention.

La - grosse - déception passée, je me suis dit que c'était un mal pour un bien car soit le mec avait montré son vrai visage auquel cas : ciao bambino ! soit il s'était vraiment fait influencer par son pote qui avait clairement compris que lui et moi ça allait être compliqué et que j'allais accaparer son poulain tandis qu'il continuerait de se taper des putes russes.
Dans les deux cas le résultat était le même : je n'avais pas le temps.

Les semaines ont passé et un jour je me suis souvenue que j'avais toujours sa brosse à dents dans ma salle de bain.

Je ne savais pas quoi en faire, je n'avais pas envie de la jeter, pas envie qu'il vienne la récupérer et surtout, aucune envie de lui envoyer par la poste avec m'être enfoncée ladite brosse dans un endroit obscur et profond par pure vengeance et - sans doute - gros problèmes mentaux.

Le temps a passé et je n'arrêtais pas de me demander "mais qu'est ce que je vais faire de sa brosse à dents ?" qui était un signe évident qu'il avait été là, amoureux avec ses chicots bien blanches et qu'il ne l'était plus.

Finalement un jour ça m'est apparu comme une évidence. C'était un matin, j'étais en retard et j'hésitais entre me faire des tresses ou un chignon spécial cheveux gras le sébum c'est la vie.
J'ouvrais mon tiroir pour prendre un élastique et je l'ai vu, la brosse à dents toute neuve, toute blanche qui me souriait de toute sa longueur de brosse.

J'ai réfléchi, j'ai regardé ma propre brosse dont les poils ressemblait à mon SIF après 6 mois sans passer chez le coiffeur et j'ai eu une illumination.
Je me suis fait des tresses, j'ai mis mon plus beau rouge à lèvres, admiré mes dents blanches et je suis partie bosser.

Alors à la question "que faire de la brosse à dent de votre ex, surtout quand celle-ci provient d'une marque reconnue par les dentistes et les membres de la santé buco-dentaire ?" la réponse est :

devenir la votre.


 



Mona qui sourit à la vie.
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17 nov. 2017


Mes semaines sont bien chargées en ce moment.
Entre les cours, les entretiens pour mon stage, les projets, l'écriture, les mecs qui me cassent la tête, le coeur et les couilles, ma famille de taré et mes amis du love : je suis on ne peut plus busy.

Mais j'aime ma vie, même si je roule à 100 à l'heure et que je n'ai pas le permis.
J'aime les nouvelles aventures que m'offre chaque nouveau réveil et j'aime l'imprévu.
Mais y'a quand même des limites.

Ce jeudi j'étais en cours de marketing toute la journée. J'avais peu dormi car pas dormi chez moi, me régalant d'un walk of shame pyjama sans soutif assumé dès 7h00 pour rentrer chez ma mère prendre une douche et me préparer.

Elle m'a entendu, elle m'a dit "Mona c'est toi ?" j'avais envie de répondre "non c'est le voisin" mais je me suis abstenue. Elle m'a regardé, j'avais les cheveux gras de la mort et j'étais gelée par le froid,

- t'as pris ta douche ?
- regarde ma face ...
- tu aurais dû parce qu'il n'y a pas d'eau chaude. Bonne journée !

J'ai honnêtement hésité à retourner chez le mec pour me doucher puis je me suis souvenue que j'étais une fille cool et détachée donc je me suis lavée à l'eau froide, tout en traitant de gros FDP le bailleur de ma mère qui ne respecte rien ni personne pour couper l'eau chaude un jeudi matin d'hiver froid.

Par contre, mes camarades de classe ont vanté les mérites de mes cheveux brillants et soyeux lavés à l'eau gelée.
Toujours positiver dans la vie. Surtout quand il s'agit de mes cheveux.

La journée ne passait pas, je suis rentrée chez moi le midi pour ranger mon appart car j'avais eu une Airbnb la veille et j'avais à peine15 minutes pour déjeuner.
Je n'avais que des pâtes et de l'huile, God Bless les aromates.

Je suis arrivée en retard l'après-midi, du persil encore dans les dents et je ne sais pas comment j'ai survécu à cette journée.
Ah si je me souviens, j'ai cherché des polonais pour casser la gueule de mon ex sur Google.

17h00, fin des cours, j'ai couru prendre le bus parce que j'avais rendez-vous chez ma copine esthéticienne.
Pendant qu'elle retirait la cire de mon SIF nous parlions des vrais sujets de notre société.

C'est à dire Tinder et les gorges profondes sans les mains.

Ah ah ah.
Ah ah.
Ah.

Plus légère du pussy et toujours en speed, j'ai repris le bus pour déposer mon ordi chez moi et étendre ma machine car j'avais un dîner ensuite. Aucune envie de me faire voler mon PC parce que je me serai endormie d'épuisement comme une merde dans le RER.
J'ai déposé mes affaires, j'ai étendu mes draps, j'ai rapidement lu le mot que ma Airbnb m'avait laissé et je suis repartie prendre mon train.

Ma soirée était top, même si le chien de ma copine aime faire l'amour à son couffin mais là n'est pas le sujet.
Christine Boutin aime aussi faire l'amour à son couffin.
...

...

Vous avez compris ma blague ? Putain j'me kiffe (*kiss my hand*).


23h00, je rentre chez mio le coeur plein et l'estomac au bord des chiottes parce que je me suis goinfrée de M&MS. Comme je ne mange plus de sucreries, dès que j'avale un Kinder j'ai le bide retourné.
Oui mes histoires de transit sont intéressantes ne bougez pas.

Bref, j'ai marché vers l'arrêt de bus, j'ai couru pour avoir le bus, j'ai pris le bus et arrivée à la gare SURPRIIIISED : pas de RER.
J'ai commandé un Uber qui évidemment perdu et lorsqu'il est enfin arrivé et je suis montée dans la voiture j'ai perdu l'usage de mes nasaux.
J'ai failli demander au mec s'il avait fait une séance de crossfit avant d'arriver teeeeellement ça puait la transpi dans la caisse. Un truc de fou malade.

20 longues minutes d'apnée plus tard, j'arrivais enfin chez moi.
Thé détox de la nuit, étendage de la nouvelle machine, démaquillage, pyjamage : j'étais au max.

Je me suis enfin couchée, il était minuit passé, j'étais totalement KO, j'ai fait un dernier tour sur les réseaux sociaux des fois que j'ai manqué un truc de ouf (non) et j'allais éteindre mon téléphone lorsque j'ai reçu un message d'un mec.
Un mec vraiment mignon.
Qui m'a mis trois plans.
Mais un mec que je chine depuis quelque temps déjà.
Mec qui était en route vers chez moi.

Ok super. Il se faisait pas chier le gars ! J'étais en pyj posée décontractée prête à m'endormir et le mec débarquait nooooormal comme si j'étais à sa disposition et que j'allais l'accueillir dans mon lit et autres le plus calmement du monde.
No culot quoi. Le mec a cru que sa life c'était ça.
...

...

Évidemment que je me suis levée pour mettre une culotte sexy et que je l'ai attendu en position du poney sur mon tapis aztèque.
Sauf qu'à peine j'avais posé les genoux à terre qu'une ombre noire me fit sursauter.

OH PUTAIN D'SA MÈRE !! Une araignée géante, une mygale, Maétika dans mon salon.
J'avais oublié que sur son mot laissé, ma Airbnb m'avait écrit un truc du genre "biggest spider I never seen of my life" un truc du genre.

Qu'on soit clairs les gars, je n'ai pas peur des araignées et je refuse de les tuer.
Sauf que là, c'était elle qui allait me tuer.

J'ai appelé le mec qui était en route, il m'a dit "parfait, je la tue et on dort" et dans ma tête j'ai pensé "heu genre je t'attends le cul en l'air pour dormir" mais j'étais trop occupée à pas niquer, heu paniquer pour réagir.

J'étais assise sur mon lit, toutes lumières allumées et j'observais Maétika faire sa petite life de spider tandis que je suais la peur dans mon string trop petit.
Le mec n'arrivait pas.

Je ne la quittais pas des yeux parce que j'avais peur de ne plus la retrouver et devoir mettre le feu à mon appartement pour m'en débarrasser.
Le mec n'arrivait toujours pas.

Elle bougeait, allant de mon salon à la cuisine, du rideau à mon canapé, du salon à ... ma chambre.
Le mec n'était toujours pas là.

Je changeais de place en hurlant à chaque pas de pattes, envoyant des menaces de mort au mec qui était censé me sauver et qui n'était toujours pas arrivé.

 


Au bout d'une heure, fatiguée, épuisée, apeurée et les poils restants hérissés, j'ai décidé qu'il était temps ... de la tuer.

Je ne pouvais pas l'attraper et la faire sortir, ni la laisser au-dessus de ma tête.
J'ai donc été chercher mon balai ... avec beaucoup de remords et j'ai mis 5 minutes à me concentrer et ne plus trembler pour mettre le premier coup.
J'ai failli pleurer. Que Dieu me pardonne ...


OH PUTAIN ELLE N'ÉTAIT PAS MORTE.

Je l'ai re-poursuivi, j'ai remis un coup de balai en pleurant.
Que le maitre des araignées me pardonne ...



OH PUTAIN ELLE BOUGEAIT ENCORE.

Les gars, je vous épargne ce loooong moment malaisant, j'ai eu beau lui mettre onze coups de balai elle était toujours vivante. Immortelle l'araignée.
Elle s'est finalement posée juste au-dessus de mon lit, près de ma tête quand je dors et moi je pleurais tout en haïssant le mec qui n'était pas là et ne répondait plus.

Il m'a finalement rappelé, l'araignée ne bougeait plus et était visiblement hyper bien là où elle était.
Moi absolument pas et la dentelle de mon string commençait à m'irriter le séant sur lequel je n'avais plus aucun poil.

Le mec s'était-il réellement fait arrêter par la Police alors qu'il conduisait sans permis pour venir me rejoindre ? Absolument.

Avait-il bu ce bouffon de sa race ? Tout à fait.

Avait-il certaines choses en sa possession ramenées d'Amsterdam et non, je ne parle pas de tulipes ?
Forcément.

Me suis-je réellement dit à ce moment-là : "mais pourquoi ? POURQUOI je me fourre toujours dans des histoires rocambolesques et/ou dans des mecs boiteux" ?
SANS BLAGUE.

La suite et fin est simple : le mec m'a proposé de (re)prendre un Uber pour le rejoindre chez sa mère et je lui ai répondu que mon appartement - aussi infesté de mygales soit-il - était beaucoup plus adéquat dans la mesure où je vivais seule, près de mon boulot et surtout que MAIS NIQUE TOI MON GARS !

J'ai finalement aspiré l'araignée avec mon aspirateur, tenant aussi mon balai fermement dans l'autre main, debout sur mon lit, sur la pointe des pieds, le string avalé dans mon trou du cul sans poils, en insultant le monde et les océans * chialant en même temps*.
Dommage qu'il n'y avait pas de paparazzi y'avait moyen de se faire de l'oseille les gars.

J'avais mis dix minutes à me lancer, je l'ai aspiré sous un énorme bruit de bête rentrant dans un tuyau puis j'ai jeté l'aspirateur hors de chez moi.
Il a atterri dans un ramdam de ouf sur la porte de la voisine, j'ai fermé rapidement la mienne et j'ai été pleurer d'épuisement dans mon lit.

Le mec ne viendrait pas, j'avais tué une araignée, il était 3h00 du matin et j'étais lonely so lonely.

Ce matin, en me levant j'ai ouvert ma porte, salué le Monsieur du ménage qui passait la serpillère dans le hall, n'ai pas réagi à son expression gênée puis me suis souvenue que j'avais un crop top blanc sous lequel mes tétons saluaient le monde et mon piercing au nombril apparent.
J'ai ramassé mon aspirateur - avec précaution au cas où l'araignée me saute à la gueule - j'ai mis un mot dessus, lui ai dit adieu petit aspi et j'ai claqué la porte avant de me faire mon thé detox morning.

Sérieusement ? Un jeudi banal pour Mona.

 


EDIT 

Samedi 2 décembre 2017

Ce matin à 10h00 ma voisine a sonné chez moi parce qu'elle en avait marre de "se prendre les pieds dans mon aspirateur tous les jours", parce que OUI l'aspirateur n'avait pas bougé depuis cette fameuse soirée et était toujours devant ma porte, dans le couloir.
J'ai donc du rentrer ledit objet à la demande de ma voisine qui ne sait pas enjamber des aspirateurs mais là n'est pas le sujet.

Midi, je décide de faire mon rangement, mon ménage etc tout en prenant soit AU CAS OU, de toujours mettre le tuyau de l'aspi contre le sol, sait-on jamais.

16h00, je remets mon tapis, je regarde mon appart tout beau et ... l'araignée était là.
Sur le mur.
OKLM.
Normal.
Bisous.
Sa mère.

🕷


Elle a survécu aux 11 coups de balai, à l'aspiration, aux TROIS semaines dehors dans l'aspirateur puis et ressortie tranquillou se remettre contre le mur.

A l'heure où je vous parle elle est toujours là.
Adieu.
2

8 nov. 2017


Comme vous le savez, je loue mon appartement sur Airbnb depuis quelques années.

Suis-je réellement propriétaire de mon appartement ? Absolument pas.

Est-ce j'aurais préféré vendre de la drogue mais suite à mon oncle mafieux et ses 19 ans de prison ma mère a refusé mes projets de carrière ? Tout à fait.

Les débuts
Il y a deux ans alors que je n'avais ni moyen de paiement, ni argent mais pléthore de refus de chèques et de contentieux en tous genres, afin de ne pas dormir sous un pont et continuer de manger de la buffala, j'ai choisi de louer mon appartement sur Airbnb pour renflouer mes comptes.

Les premières réservations ont commencé lorsque je suis partie en vacances à Nice.
Rappelez-vous, j'avais prévu de pécho mon pote et de jouir des bienfaits du sud, sauf que la réalité de mes problèmes financiers m'est tombé dessus d'un coup, bien après que j'ai pris mes billets pour le rejoindre, seulement tellement honteuse de ma situation je n'ai jamais osé lui en parler.
Je suis donc partie le rejoindre ne toute décontraction alors que je n'avais pas d'argent - RIEN - WALOU.
Le truc cool c'est que j'ai perdu 3kg en dix jours vu que je ne mangeais pas, le truc moins cool c'est qu'il voulait sortir tous les soirs et que je n'avais plus d'idées pour éviter les soirées.

Malgré cette situation bien complexe, j'ai quand même réussi à kiffer mes congés et à profiter de mes vacances.
Pour la petite histoire, je n'ai pas pécho mon pote (mais d'autres) parce que je me suis finalement aperçue que je le considérai vraiment comme un ami. Et je ne couche pas avec mes amis. 
Pas tout le temps du moins.

FIRST TIME
La première fois que j'ai loué mon appartement : j'étais en stress total.
J'avais peur qu'on me vole ma télé, mon lit queen size, qu'on se touche sur mes culottes et qu'on vide mes shampoings sans paraben qui me coûtent un rein.
Il n'en fut rien Dieu merci.
La réalité c'est que vous oubliez tous vos tracas le lendemain de la réservation car vous recevez un e-mail vous informant que la somme de XX € a bien été virée sur votre compte.

Tout de suite ça va mieux.


Avec Airbnb vous recevez l'argent de votre location le lendemain, que la durée soit d'une nuit ou de deux semaines, donc forcément : l'argent vous fait vite oublier qu'un mec que vous ne connaissez pas dort dans votre lit.
Bonne nouvelle : vous n'avez même pas besoin d'être là et êtes payés quand même.

La première année, louer mon appartement m'a permis de régler mes dettes, de récupérer mes moyens de paiement, de changer de banque et dire NIQUE TA MÈRE LA BNP puis ciao bisous bye pas cette fois au contentieux et autres huissiers de merde.

LA grosse folie
La deuxième année cela m'a permis de partir en weekend ou en vacances et de vraiment kiffer ma vie.
La Belgique, Milan, Amsterdam, PragueLisbonne, la Suisse ... tout ces beaux voyages c'était grâce à Airbnb car TOUT l'argent que me rapportaient mes locations était mis de côté instantanément, afin de ne pas être "noyé" sur mon compte courant.

C'était vraiment une période cool.
J'ai pu compenser tous ces allers/ retours chez ma mère avec mes énormes sacs, mes valises, mon lisseur, mon sac de sport, mon ordi, mon linge sale (au début je n'avais pas de machine à laver - draps compris dans les sacs IKEA) chargée comme jamais, en profitant de mes voyages.

Parce que oui, j'allais dormir chez ma mère lorsque je louais mon appart car oui, elle habite à côté de chez moi BIEN HEUREUSEMENT.
© SOBA
Puis la chute ...
Le chômage bien sûr !
Qu'on s'entende bien, je ne regrette en rien ma "nouvelle vie", gagner moins mais être plus heureuse n'avait pas de prix, ou alors si : le SMIC de mon chômage.
Donc désormais, mon Airbnb m'aide à "survivre" et rassurer ma banquière pour ne pas qu'elle me bloque pas ma CB ou annule mon autorisation de découvert car théoriquement je n'ai pas le droit à une facilité de caisse de par mon statut de chômeuse.
Je ne "profite" donc pas des rentrées d'argent que me rapportent mon Airbnb car elles me servent uniquement à manger et payer mes factures.
#LACRISE.

Terminés les voyages et les folies de weekends imprévus, il faut désormais combler les trous (financiers ndrl).


Et les gens ils sont pas chelous ?
Clairement (parce qu'on me le demande très souvent), si un mec veut renifler mes culottes je m'en bats les boobs.
Je gagne de la tune sans avoir à le regarder, tout en étant sur le canapé chez ma mère en train de bouffer des tomates mozza et recevoir mes mails qui m'indiquent que je viens de me faire 100 balles.

Évidemment que l'argent me motive, vous pensez que je kiffe faire mes sacs (je mets quoi ? quelles chaussures ? quel maquillage ? faut que je cache mes bijoux, je déteste changer les draps ...) et flipper qu'on me ravage l'appartement ?
Grâce à Dieu, la plupart des personnes venues chez moi ont été correctes.

Bon ok y'a eu des gens vraiment chelou

Les allemands casse-couilles (ils étaient allemands, j'y peux rien, große Küsse meine Lieblinge).
Ont été accueillis par ma mère car j'étais en vacances à Nice.
Étaient trois (papa, fille, fils) et n'étaient pas contents car ils faisaient tous deux mètres et donc, ne rentraient pas dans mon lit parce qu'ils étaient trop grands.
Heu ? Qui s'en fout ?

Je n'y pouvais rien si c'étaient des géants, j'ai un lit deux places+ (comme indiqué sur mon annonce) et donc qu'ils aient les panards qui dépassaient n'était pas de mon ressort.

Bilan : le père a oublié son calbute et son immodium dans ma salle de bain et ils n'ont pas lavé leurs tasses de café.
Bilan 2 : y'a pire dans la vie. J'ai brûlé le caleçon.


Le couple de vieux relous
Qui voulaient une vraie table pour manger et pas une table basse.
Une fois encore, comme indiqué sur mon annonce et visible en PHOTO, je n'ai qu'une table basse et si t'es pas content et bien tu ne réserves pas.

Bilan : m'a ruiné les chiottes.
Bilan 2 : merci Canard WC.


Les américaines bien chelous
Ont réservé pour deux semaines, sont arrivées à 22h00 et sans valises. 
M'ont ruiné la salle de bain et ont installé (et laissé ... !) toutes leurs affaires du genre :
- serviettes de toilette, bol, casserole, livres rangés dans ma bibliothèque OKLM (vendus chez Gibert Jeune, thanks girls), couverts, bouffe etc.

Bilan : nettoyage de miroir de salle de bain excessif + disparition de mes deux maillots de bain préférés.
Bilan 2 : m'ont laissé leurs bébés cactus que j'ai laissé mourir.


Le mec mignon que j'ai voulu pécho
Quand j'ai ouvert la porte je n'arrivais même pas à le regarder tellement qu'il était beau. 
Problème : ils étaient deux mecs pour un seul lit.

Bilan : son "collègue" s'est retrouvé enfermé dans la salle de bain (?!), il a dévissé la porte avec ma pince à épiler.
Bilan 2 : je n'ai jamais réussi à remettre la serrure ni à me resservir de ma pince à épiler.
Et j'ai pas pécho.

Du coup quand je fais caca et qu'il y a un mec chez moi c'est tout une mission.
Note de l'auteur : ça vous intéresse un article à ce sujet ?


La grosse pute
Là pour le coup je vais être cash. Je pense que cette femme est venue chez moi pour recevoir des hommes.
Vous me direz, une femme aimant et recevant les hommes n'est pas une pute.
En effet.

Sauf si elle me ruine mon appart là c'est une grosse pute.


Elle est arrivée mielleuse avec ses draps et serviettes car "je suis très maniaque, je vais prendre soin de votre appartement".
Elle a voulu rester un mois et je lui ai gentiment expliqué que je ne louais pas aussi longtemps parce que le but c'était quand même d'avoir un chez-moi dans ma vie.
Elle voulait aussi qu'on passe "hors site", c'est à dire qu'elle me payait cash sans réserver par Airbnb.
NE FAITES JAMAIS ÇA ! je vous expliquerai pourquoi.

J'ai refusé et elle est donc restée une semaine chez moi comme prévu.
Mon instinct me taraudait, j'ai donc demandé à faire l'état des lieux avec elle pour son départ, chose que je ne fais jamais (flegme et je bosse, donc la plupart du temps on me laisse les clefs dans un endroit top secret - et je n'ai jamais eu de problème - sauf quand on m'a volé mes clefs mais là n'est pas le sujet).

Bref, nous avions RDV à 11h00 un samedi matin et j'avais de nouveaux arrivants le dimanche soir.
A 10h00 j'ai reçu un message me disant qu'elle devait partir et qu'elle avait tout lavé et rangé.

Arrivée chez moi j'ai cru que j'allais manger ma cervelle (ouais ça m'arrive quand je suis vénère).

Le premier truc que j'ai vu ce sont mes taies d'oreillers roses, qui à la base étaient blanches.
Pas besoin d'avoir fait un Master d'oreiller pour comprendre qu'elle avait lavé mon linge avec du rouge (mais quel truc rouge ?).
Problème numéro 1 : ma machine à laver n'est pas en lire accès (cf. indiqué sur mon annonce).
Problème numéro 2 : elle a vidé ma lessive et mon adoucissant neufs.
Problème numéro 3 : l'appartement était dégueulasse.
Problème numéro 4 : une serviette de toilette blanche avait été utilisée comme serpillière puis déposée dans mon panier à linge, qui a moisi sur mes vêtements et également sur mon radiateur.
Problème numéro 5 : elle a oublié son maquillage, ses bijoux, ses produits de douche (fleur de douche et rasoir), a volé mon dentifrice mais a laissé le sien.
Problème numéro 6 : son string sale dans ma salle de bain.
Problème numéro 7 : son porte jarretelle sur mon canapé.
Problème numéro 8 : ses bas rouges dans mon tiroir à culottes.
Problème numéro 9 : son jus de thon qui a coulé sur mon aspirateur.
Problème numéro 10 : le frigo dégueulasse.

[liste non exhaustive]

J'ai mis des heures à tout nettoyer et les bas, string etc ... ont été retrouvé au fil des jours.
JOIE IMMENSE.

Comment ça se passe dans ces cas-là ?
Lorsque vous êtes inscrits sur Airbnb et que vous louez votre appartement, vous bénéficiez d'une garantie en cas de problème.
Une caution est liée à votre compte (environ 4 000 €) et vous pouvez la demander en cas de besoin.
Dans mon cas, j'ai demandé un remboursement de 25 € (10€ de lessive et 15€ d'oreillers - j'ai été sympa) à la personne qui ne m'a pas répondu.
Au bout de trois jours sans réponse et/ou insatisfaisante, vous pouvez faire intervenir Airbnb, ce que j'ai fait.
J'ai envoyé mon mail explicatif et j'ai joint des photos, quelques heures plus tard Airbnb me remboursait ce que j'avais demandé.

J'ai pourri le profil de la personne avec un commentaire bien salé et je continue mes résas parce que oui - j'ai besoin d'argent et que Airbnb c'es de l'argent facile.

Mes conseils en tant qu'hôte Airbnb :

- N'acceptez JAMAIS de passer en dehors du site car en cas de problème vous n'avez AUCUN recours.
- Enfermez à clés vos objets de valeurs, sacs, chaussures, bijoux etc ... 
- Faites de la place dans le frigo et les placards pour vos hôtes.
- Ayez une super maman et/ou un(e) ami(e) qui vit pas très loin pour vous éviter les galères de vaquer d'un appartement à un autre.
- Rangez votre salle de bain ! (et vos produits persos, maquillage crèmes etc).
- Laissez le double des clefs à vos hôtes, pas votre trousseau personnel.
- Planquez vos papiers importants (banque, impôts etc).
- Suggérez à vos hôtes la discrétion ... surtout si vous n'êtes pas propriétaire de votre appartement.
Anecdote : je précise toujours à mes hôtes en cas de question des voisins (ce qui n'arrive pas mais sait-on jamais) de répondre qu'ils sont de ma famille, mes cousins etc.
Imaginez la scène hilarante lorsque j'ai dit ça à mon hôte pakistanais et mes quatre hôtes chinois.
Famille Benetton !

- Je ne loue jamais plus de deux semaines dans le mois. J'aime être chez moi quand même.


En bref, je recommande Airbnb si vous vivez seul(e) et souhaitez-vous faire un peu de sous de temps en temps, tout en sachant qu'évidemment il y a un risque à prendre lorsque des inconnus son chez vous.
J'ai une amie qui a fait ça un peu puis qui a été saoulée par les lavages de draps, remises de clefs etc.
Pour ma part l'argent se suffit à tout le reste.

Et la loi dans tout ça ?
Je m'en tape le cul sur ma moquette en pilou.*





*en vrai vous êtes tenus d'informer votre bailleur / propriétaire si vous êtes locataire.
Pour les propriétaires vous devez le déclarer.
Lors de vos déclarations d'impôts, vous devez tout déclarer mais vous ne payez pas en dessous d'un certain montant. Tout est consultable ici sur le site officiel d'Airbnb.




L'illustration de cet article provient du book de la talentueuse SOBA.
Je vous invite à découvrir ses oeuvres sur Facebook, Instagram ou sur son site officiel.

14

18 oct. 2017


J'ai eu un déclic.
Ce matin j'étais dans la cuisine avec ma mère et nous discutions de l'actualité et du sujet #balancetonporc.
Je lui ai dit que je ne savais pas ce qui était le plus alarmant : que tout le monde en parle, que les témoignages fusent de partout ou bien que justement, il y avait énormément de témoignages.
Elle m'a répondu "évidemment c'est qu'il y ai autant de témoignages" puis elle m'a balancé son porc, son expérience à elle, vécue quand elle avait vingt ans et que je ne connaissais absolument pas.

J'ignorais que ma mère avait été victime de harcèlement sexuel et c'est sur le pas de la porte qu'elle m'a raconté son histoire, à moitié déjà partie, à moitié dans les escaliers et moi sur le perron qui disait "mais nannnnnnnn ! mais nannnnnn ! Oh le fils de pute !".
Il était 8h42 et j'étais en peignoir.

Quand elle m'a dit qu'elle avait défoncé la gueule de son harceleur à coups de clés je me suis dit "putain, heureusement que nous sommes des femmes qui savent se défendre" car malheureusement tout le monde n'est pas dans ce cas..

Puis, ma mère partie et en terminant mon thé, je me suis interrogée sur mes expériences à moi, en remerciant le ciel de ne jamais avoir été harcelée sexuellement sur mon lieu de travail ou d'avoir eu à défoncer la tronche de quelqu'un à coups de clés de voiture. En plus je n'ai pas le permis.

Puis soudain je me suis souvenue. Alors c'est le cœur qui tachycarde et les mots qui sont les miens que je balance mon porc. Comme ça me revient, ici et maintenant je vais vous parler d'une histoire très, très personnelle.

En fait, pendant longtemps j'ai "oublié" cette histoire parce qu'elle ne m'a pas traumatisé, Dieu merci.
Je n'ai jamais éprouvé le besoin d'en parler à un professionnel, d'occulter une souffrance ou des fêlures.
Je peux raconter cette histoire en toute décontraction en terrasse d'un bar sans osciller, sans être triste et limite rigoler d'avoir cassé l'ambiance parce que "je vous jure les gars, ça va très bien ! Faîtes pas cette tête !".
Alors non ce n'est pas drôle, mais cela ne m'a pas jamais traumatisé - Dieu merci.

J'en ai peu parlé parce qu'en réalité je m'en fous. Cet épisode de ma vie n'est pas important à mes yeux seulement voilà, aujourd'hui et pour la première fois j'ai eu besoin et envie de témoigner, d'en parler publiquement pour à mon tour balancer mon porc et essayer d'apporter un soupçon de soutien à tout cet engrenage pour faire en sorte qu'un jour, je l'espère, ces témoignages n'existent plus jamais.
Parce que non, ce n'est pas normal ce qu'il m'est arrivé et j'ai mis du temps à le comprendre.

J'avais douze ans et j'étais collégienne.
J'étais toute jeune, toute petite et même si j'ai toujours été la fofolle de service j'étais assez réservée.
Je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant c'était il y a 17 ans ... putain que le temps passe vite. 
17 années que cette histoire reste méconnue et il aura fallu ce blog pour qu'à 29 ans j'ose, veuille en parler ouvertement.

Cela s'est passé il y à 17 ans et j'étais en cinquième.
La récré était terminée et mon prof était absent je crois, nous allions donc en permanence.
Je marchais avec BFF - la seule et l'unique - quand j'ai été interpellé par un surveillant alors qu'on traversait le hall en direction de la salle de perm'.

- Mona ? 
- oui ?
- tu peux venir un instant ?

Moi, jeune, sage et obéissante, j'allais voir ce que le surveillant me voulait, laissant BFF me garder une place en permanence.

- on m'a dit que tu fumais, je dois te fouiller.

J'ai paniqué. J'avais peur qu'on appelle mon père, que je me fasse renvoyer du collègue et que mes parents me renient.
Je ne savais même pas que ce surveillant connaissait mon prénom, ME connaissait donc c'est que c'était grave. 
Il me connaissait parce que j'avais fait quelque chose de mal et mes parents l'apprendraient. J'ai eu peur. 
Peur d'être punie, engueulée si je ne prouvais pas mon innocence car oui, j'étais innocente.
J'avais douze ans et j'étais innocente. Je ne fumais pas et je ne voulais pas qu'on appelle mes parents.

A douze ans tu ne sais pas qu'il est impossible qu'on appelle des parents pour leur dire que leur enfant fume. 
Que tout le monde fume des clopes au collège et que tout le monde s'en fout. Qu'un pauvre pion de merde n'a pas le droit de fouiller un(e) élève.
Que fumer ne relève pas de l'autorité d'un enseignant ou d'un pion. Qu'en réalité personne n'avait dit quoi que ce soit sur moi.
Pourquoi moi ? Pourquoi ce jour ? Pourquoi cet instant ? Ces questions je me les suis posé et je n'ai toujours pas la réponse.

Le pion m'a pris à parti et a cherché une salle à l'abri pour pouvoir me fouiller et qu'ainsi, je puisse lui prouver que je ne fumait pas.
Il n'y avait personne dans les couloirs, toutes les salles étaient occupées alors nous sommes partis sur l'autre aile, tandis que je paniquais toujours à l'idée de me faire renvoyer et engueuler par mon père.

Quand enfin il a trouvé une salle de libre, une salle orange, une salle d’anglais, il a ouvert la porte avec une clé et a refermé derrière lui.
Enfin je crois qu'il a refermé, en réalité je ne m'en souviens pas mais c'est logique. Il n'aurait pas laissé la porte ouverte. Pas avec ce qu'il avait prévu de faire.

Je ne me souviens pas non plus du moment où il a fouillé mon sac et mes poches, je me rappelle juste de ce qu'il m'a demandé ensuite.
Il m'a demandé de faire des exercices de sport, pour contrôler ma respiration afin de savoir si elle était saccadée, sifflante, haletante et ainsi, déterminer si j'étais fumeuse ou non.
Logique pour une gamine de douze ans ! Insensé pour un adulte.

J'ai fait des pompes, des coupés-décalés et d'autres trucs chelou puis il m'a demandé de m'allonger sur le bureau, sur le ventre et il s'est mis contre moi.
Juste derrière moi. Collé contre mon dos.

Il s'est plaqué contre moi pour "écouter ma respiration", me demandant de mettre mes bras "bien comme ça, écarte bien comme ça, les jambes aussi" et il s'est collé derrière moi.

Et c'est à cet instant, cet instant précis, allongée sur le bureau du professeur, seule dans une salle avec un surveillant, les bras et les jambes écartées, lui derrière moi, que je me suis dit que c'était bizarre.

Je précise qu'il s'est juste collé. je ne sais pas ce qu'il a fait, mais il s'est "juste" collé.
Il n'y a pas eu de caresses, d'attouchements ou de pénétration. Le mec s'est "juste" plaqué contre moi.

Il est resté plusieurs minutes dans cette position, pendant que je me demandais ce qu'il se passait car je ne comprenais pas, puis il a dit "ok c'est bon tu peux y aller".
Je pense qu'il a dit ça, en fait je ne m'en souviens pas du tout. Je ne me souviens absolument pas du moment où je suis partie.
En fait, en tapant et relisant mon article je me rends compte que j'ai oublié énormément de détails de cette histoire qui pourtant, a bien existé.

Je me souviens juste que j'ai rejoint BFF au CDI, que je l'ai engueulée parce que c'était elle qui avait tiré sur une clope à l'arrêt de bus la veille et qu'à cause d'elle on pensait que je fumais.
Que j'allais me faire engueuler par mon père et peut-être renvoyer du collège.
Je lui ai raconté l'histoire de la fouille et de la salle d'anglais, des exercices et du pion derrière moi, et c'est elle qui a vraiment tilté,

- attends, mais c'est grave chelou ça !
- ah ouais ?
- bah ouais !!

Et voilà.

Voilà comment ça s'est terminé. J'en ai parlé à quelques copines, qui ont toutes dit qu'il était chelou avec tout le monde et on s'est toutes éloignées de lui, on l'évitait tout le temps.
Il a  terminé l'année scolaire puis il est parti et j'ai zappé cette histoire.

En fait, sur le moment, avant de raconter la scène du bureau je ne voyais pas ce qui clochait. Ce n'est qu'avec mon recul d'adulte que j'ai compris que ce n'était pas normal. 
Que si on prend les faits, un pion n'a pas le droit de fouiller une élève, seul dans une salle fermée à clé et se coller à elle, lui faire écarter les jambes et se plaquer contre elle.
Que personne ne fait ça et que c'était injustifié et vicieux car il avait menti pour m'attirer dans une salle.
Pourquoi ? Je n'en sais rien.
J'étais discrète, jeune, frêle, je n'avais pas de formes, rien. Quand bien même, soyons bien d'accord ce n’était justifié en AUCUN CAS. Mais moi, avec mon cerveau d'adolescente je ne comprenais pas pourquoi MOI.

Puis un jour, j'en ai parlé à ma mère.
Je ne sais plus si c'était juste après, la semaine suivante, les mois suivants ou des années plus tard mais quoi qu'il en soit elle l'a su.
Chaque fois que j'en ai reparlé elle évitait la conversation ou changeait de sujet alors un jour je me suis énervée. 
Je lui ai dit qu'elle n'en avait rien à foutre et qu'elle n'avait rien fait. Qu'elle évitait le sujet alors que c'était grave et qu'elle avait occulté cette histoire comme si elle n'avait jamais existé, comme si mon récit ne comptait pas.
Et là j'ai appris. J'ai appris ce qu'elle avait fait cette année-là.

Quand ma mère fut au courant de mon histoire, elle a été voir la proviseure du collègue.
Les gens qui me connaissent et me lisent, vous vous souvenez de la proviseure qu'on a eu en 5ème ?
La vieille, Madame L., et bien c'est elle.
Ma mère a été voir la proviseure pour lui raconter mon histoire, et elle a répondu :

- Mona fabule, ce surveillant est très apprécié et par tout le monde ! C'est impossible !

et ça c'est fini comme ça.

Plusieurs fois j'ai eu envie de lui écrire à cette Dame. Lui dire que je ne fabulais pas et que ça c'était bien passé dans son établissement. Dans sa salle d'anglais, avec son surveillant et une élève de douze ans naïve et innocente.

J'ai aussi tilté sur ma naïveté car un jour, la même année et en pleine récré, j'ai vu ce surveillant rire avec un élève parce qu'il devait arrêter de fumer or il avait un paquet de Marlboro dans sa poche.
Il l'a sorti fièrement l'air de dire "et non mon gars, j'ai pas arrêté finalement !" et le surveillant rigolait avec lui.

Je n'ai pas compris pourquoi lui on ne lui disait rien et pourquoi il n'avait pas été fouillé alors qu moi si.
La réponse était simple : parce que cela n’existe pas, personne ne fouille les élèves pour les emmener dans une salle isolée parce qu'on soupçonne qu'ils fument.


J'ai revu le pion quelques années plus tard, en plein centre commercial.
J'étais avec des amies, j'ai eu un coup au cœur mais j'ai continué ma route, ma vie. 
J'ai toujours imaginé la scène où je le recroiserai, je lui péterai la gueule certainement - ou alors je serais paralysée.

Ce qui me rend vraiment malade, c'est qu'il a peut-être fait pareil - voire pire - à d'autres filles. 
Toutes ces filles groupies qui l'adoraient au collège, ont-elles subi des choses aussi ?
Rien que d'y penser ça me rend furieuse et triste. Peut-être que si j'en avais parlé ouvertement ... on ne sait pas, on ne saura jamais.

Aujourd'hui j'ai partagé cette histoire avec vous, ce n'est pas facile, c'est très gênant, c'est très personnel mais je me devais d'apporter mon témoignage à ceux des autres parce que ce n'est pas NORMAL que ces choses existent.
Ce n'est pas normal de ne pas être protégée par ce type de harcèlement.


Je dénonce ce fils de pute de surveillant qui a abusé de ses fonctions et de la crédulité d'une gamine de douze ans.
Je dénonce la proviseure qui n'a pas su/ voulu écouter et protéger ses élèves. En l’occurrence moi, la Mona de 12 ans.

J'espère de tout mon cœur que personne n'a subi la faiblesse et l'inadmissible de ce pion.

Enfoiré de merde, tu ne m'as pas atteint, je te balance aujourd’hui espèce de sale gros porc.
Dieu est grand, un jour ou l'autre ... la justice fera le reste. En attendant, c'est ma vérité qui éclate.


Azzedine, surveillant au collège les Saules à Guyancourt en 2001-2002. A abusé de la crédulité d'une collégienne.
Proviseure Madame LEICK. N'a pas su écouté pour protéger ses élèves.




#BALANCETONPORC



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