La malade imaginaire


Le titre est juste racoleur, absolument pas autobiographique.

Et cela n'a vraiment aucun rapport avec le fait que j'ai séché une grande partie de ma scolarité pour diverses tumeurs et autres poignées cassés à plusieurs reprises.

Dois-je réellement parler des bouts de scotch collés sur mes avant-bras pour laisser croire à un vaccin ? Je ne pense pas.
Pensez-vous réellement que j'ai fabriqué du faux vomis avec des BN prémâchés (par des moines tibétains) mélangés à l'eau ? C'est exact.

Je vous entends d'ici (j'ai l'ouïe fine), je ne me considère absolument pas comme une mytho voyez-vous, simplement une femme à l'imagination débordante et dotée d'une capacité à faire croire tout et n'importe quoi assez développée.
Avouons tout de même que j'ai réussi à me faire arrêter pour dépression pour partir à Amsterd... pardon, j'oubliais que c'était un blog public.

Quoi qu'il en soit, bien avant que je sache imiter la signature de ma mère et que je collectionne les carnets de correspondance (officiels/ officieux), j'ai passé des matinées, des journées, des soirées même à l'infirmerie. Et vous me croirez ou non (mais le mieux c'est que vous me croyez) ces moments étaient tout à fait justifiés, c'est là qu'est tout le paradoxe.

C'est simple, j'ai même fait des rentrées des classes en passant directement par la case infirmerie. Genre j'avais même pas le temps de poser mon boule dans ma nouvelle classe que j'étais déjà dans les draps blancs et grattants de "la salle blanche", celle avec les affiches sur les capotes alors que t'as 11 ans (cela a surement conditionné certaines choses) et celles pour OSEZ EN PARLER (mais j'ai jamais compris de quoi).

Lors de ma rentrée en 6ème, j'ai pris le mauvais bus pour aller au collège, maman me faisait coucou par le balcon, a vu sa fifille monter dans un bus et s'en est allée prendre son thé pendant que moi et un garçon du quartier prenions la direction opposée.

Ce jour J mon cartable, oui j'ai bien dis CARTABLE pesait une tonne (qui a réellement besoin du papier millimétré et de l'encre de chine ?) et mes nouveaux mocassins me faisaient mal aux pieds. Qu'importe, j'étais une grande fille maintenant. Sauf qu'au terminus, nous nous sommes retrouvés comme deux ronds de flan (que quelqu'un m'explique un jour le sens de cette expression) et avons commencé à paniquer un tantinet. Cherchant le chemin du collègue, nous avons couru, couru, marché, couru ... nous courions encore, demandions notre chemin, traversions des parcs, je courais, je courais, je ... c...o...u....r...s, j...e .... c.....o.......u.......r.......s....., je ....meurs.
J'ai fait une méga crise d'asthme et donc, me suis mise à pleurer.

Si il y a une chose à savoir sur moi c'est que je ne pleure jamais. Si il y a une autre chose à savoir sur moi c'est que mes crises d'asthme se déclenchent majoritairement quand je pleure.

Vous imaginez donc que la scène était assez ... curieuse. 
Je vous laisse imaginer mon état de tête de cul pleurant, hoquetant et en pleine crise de mort le tout surmonté d'un cartable rouge. C'était moi !

Après trois heures (environ treize minutes) nous sommes enfin arrivés au collège et à la vue de mon visage assorti à mon cartable, la CPE m'a envoyé directement à l'infirmerie.
Le masque à ventoline et un appel à maman plus tard - dont le thé était encore chaud - j'ai été arrêté trois jours pour "crise d'asthme atroce" et pris des corticoïdes pendant des semaines.
Pendant ce temps, le petit bâtard qui avait partagé mon aventures a raconté à qui veut bien l'entendre (toute ma classe) que Mona était une chialeuse à cartable. Enc*lé de sa r*ce.

Bon, je vous rassure, nous nous sommes pardonnés étant donné que quelques années plus tard nous avons mélangé nos flu... pardon, mon blog est toujours public.

Puis, cinq années plus tard, je suis rentrée au lycée.

Le jour de la rentrée, je toussais beaucoup. Pas le time de rester dormir ce jour-là, il fallait que je prenne connaissance des lieux et autres mâles susceptibles de m'aider dans mes cours du soir.
A l'époque je taillais en effet des pipes.


Quoi ? Je prenais des cours d’ébénisterie ! Tout de suite  ... (et cela n'avait aucun rapport avec mon mal de gorge).

Arrivée au lycée, j'avais l'impression que j'allais cracher mes poumons et mon tampon. For real. J'avais toujours pas le time j'étais au lycée les gars, moi et mon sac à main effigie tête de bébé percée (oui?!) avons donc pris sur nous et nous sommes dépêchés de regagner l’amphithéâtre main sur la bouche, mouchoir sur la gueule pour le discours de rentrée et le re-dispatche des classes.

Il y avait plein de mecs, je savais que j'allais kiffer le lycée. Je me suis assise sur un banc et j'ai attendu qu'on m'appelle au micro. 
Sauf que ... je toussais toujours autant, et de plus en plus fort. Plus j'essayais de me retenir, pire c'était. J'ai mis le mouchoir sur ma bouche, essayé de contrôler ma respiration et en fait ... à un moment j'ai arrêté de respirer. C'est donc la tête bleue que j'ai demandé si je ... pou...v... sort...r........ et je me suis évanouie.

[...]

Réveillée à l'infirmerie, j'entendais une dame prononcer quelques mots à peine audibles :
Jeune fille, arrêt respiratoire, antécédents d'asthme, m'a pété le dos quand je l'ai porté, sûrement boulimique, j'ai appelé les pompiers, sérieux elle m'a pété le dos cette co.... - Oh ma jolie, tu es réveillée ! J'te rappelle Jean-Mi !.

Visiblement me retenir autant de tousser avait créé un mini arrêt respiratoire et j'avais donc perdu connaissance. En plein amphi. le jour de la rentrée. Normal quoi. Histoire ne pas pas passer inaperçue devant l'assemblée.

A ma question,

- Je suis tombée avec classe ou pas ?

Et à la réponse de l'infirmière,

- Le principal c'est que tu ne te sois pas chiée dessus chérie.

J'ai compris que l'année allait être longue. Ma scolarité aussi. Ma vie en fait.



J'vous laisse, je prévois trois jours à Prague, faut que j'aille chez le Médec....

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