Happy boobsday !! #10YearsOfBoobs


17 décembre 2006, je préparais mes affaires pour partir à l'hôpital.
J'emportais le t-shirt de mon mec pour me porter chance et dormir avec son odeur Dolce&Gabbana dans les draps froids et sinistres de l'hosto.
J'étais une bouffonne oui.
J'amenais dans mon sac toutes nos photos d'amoureux imprimés sur papier A4 et bien sur, ma célèbre et tant aimée boîte à bijoux de la fée clochette, qu'il m'avait offerte pour notre premier séjour de niais à Disneyland. 

Arrivée à l’hôpital, je prenais ma dernière douche à la bétadine avant l'opération, mes cheveux étaient dégueulasses et j'ai rêvé cette nuit-là que j'achetais mon maillot de bain chez Pimkie pour cet été, dans une taille normale.

18 décembre 2006, le matin se levait, il était 6h00 quand on m'a réveillé.
Mon mec m'avait envoyé un message de canard et je regardais nos photos telle une psychopathe qui avait refait la déco de la chambre en mode "Mona & son mec", parce que j'avais 18 ans et qu'à cet age-là on est une canarde sans nom (ou alors si : Mona).

L'infirmier est arrivé, picouze dans la main pour me poser une perf.
J'ai chialé mais tout le monde s'en foutait. J'ai pleuré de peur et de stress sur le brancard et je n'avais pas de culotte sous ma chemise d'hosto.
Le brancardier ne m'a pas calculé pas mais j'étais trop occupée à gémir, j'aurais voulu prier mais je ne connaissais aucune prière donc je me suis dit qu'il serait temps que je me trouve un chemin spirituel pour m'aider dans ces moments-là.

On m'a amené dans la salle d'opération, le médecin m'a fait des traits au feutre comme dans Nip Tuck et je me suis demandé pourquoi cette série n'était pas interdite au - 18 ans.
On m'a allongé puis expliqué comment tout allait se passer mais je ne comprenais rien parce que j'étais terrifiée.
Mes copines étaient en cours, c'était l'année du bac et moi je me faisais charcuter les boobs dans le plus grand des calmes.

On m'a parlé de la série Urgences et qu'il fallait que je pense à Georges Clooney.
On m'a mis le masque et m'a demandé de compter jusqu'à dix mais à l'envers.
J'ai précisé aux médecins que je préférais le ... docteur ... Carter ................................................................................................................................
FIN DU GAME, j'étais endormie.


Quelques heures plus tard je me réveillais avec un bandage et des bip bip bip qui me cassaient les oreilles.
De retour dans la chambre, je devais m'habituer à dormir sur le dos et ce pour les prochaines semaines, joie immense quand on sait qu'en temps normal mon ventre ne fait qu'un avec le matelas, sauf qu'en faisant ça j'allais niquer les 2 500 € qui avaient servi à refaire mes seins.

Je n'avais pas faim et je n'arrivais pas à me lever sans tourner de l'œil donc c'est en tout décontraction que lorsque mon amie Or est venue me voir, elle m'a accompagnée aux toilettes en tenant mes bouteilles de drains pleines de sang tandis que je tentais d'enlever ma culotte pour pisser devant elle.
L'amitié ...

Je me suis aussi vomis dessus au réveil, j'ai béger toute la bétadine de la veille ce qui a laissé à mon bandeau blanc immaculé une trace dégueulasse pendant toute mon hospitalisation.
Mon mec est venu me voir chaque jour - c'est à dire deux- en m'apportant des cadeaux achetés dans les bijouteries de la ville et les infirmières me trouvaient trop mignonne avec mes photos de trouducs.

C'est ce jour-là que mon père a rencontré mon mec pour la première fois.
Ma grand-mère présente aussi était tellement stressée de cette rencontre qu'elle n'en avait pas dormi de la night, craignant que mon père ne tape un scandale devant le côté un peu trop hallal de mon keum.
Par chance tout c'est bien passé et anyway je n'en ai aucun souvenir vu que j'étais shootée par les médocs.
En partant, mon mec m'avait quand même envoyé un message pour me dire "ta poitrine est magnifique ma chérie" et c'est là que j'ai compris que les mecs étaient des gros mythos car ma poitrine, aussi neuve et moins omniprésente qu'elle était, était cachée sous un énorme bandage blanc rempli de vomis.
Fallait p'tet pas abusé sur la niaiserie non plus ...

Un ami de ma mère est aussi venu m'offrir un gros ours en peluche trop cute que j'ai appelé "Baba au rhum" et qui a été au cœur de maintes disputes avec ma soeur qui se l'était approprié un peu trop souvent.
Je suis sortie de l’hôpital avec un maxi bandage + soutif de sport de compet et des soins à faire pendant plusieurs semaines, j'ai dévalisé les magasins de lingerie de j'ai perdu 10 kg.

10 ans après, on fête ce jour sacré !

Depuis dix ans, j'ai repris puis reperdu du poids pour finalement m'accepter comme je suis et avec une poitrine intéressante d'un point de vue pulpeux, mais totalement dans la norme comparée à celle que j'avais il y a dix ans.
Et puis après tout, c'est quoi la norme ? Celle qu'on nous impose ou celle que l'on s'impose à soi-même ?
J'ai quitté mon mec et j'en ai eu plein d'autres, plein qui n'ont jamais su/ remarqué / demandé quoi que ce soit sur mes seins géniaux.
J'ai conseillé à deux copines de subir la même opération que moi et elles l'ont fait.
J'ai continué de dévaliser les boutiques de lingerie et quand l'envie me prend je ne mets pas de soutien-gorge.
J'ai testé le sein nu, le no bra holiday et les photos coquines.
J'aime mes boobs et ils me le rendent bien.

J'embrasse tous les mecs qui m'ont appelé Lolo Ferrari ou Loana dans mon adolescence, tous ceux qui ne parlaient que de ça et m'assénaient de jolis surnoms et jolis bruitages dans la rue quand ils me croisaient. Ceux-là mêmes qui rêvent de m'épouser aujourd'hui.

Toutes les jalouses qui m'ont complexé toutes ces années, qui ne me parlaient en soirée que pour parler de mes seins "enoooooormes",  qui se moquaient de moi et me rendaient la vie impossible, celles-là mêmes dont leurs mecs rêvent de m'épouser.

Tous ceux qui m'ont donné des complexes pendant des années, m'ont fait pleurer, crier, me sentir mal encore et encore, MERCI LES GARS ET GROS BISOUS, dix ans plus tard je vous pardonne et vous aime parce que moi, je m'aime.

A toutes ces filles, toutes les reines du monde, les meufs : en 95D /  70 A ou même 115G, le principal c'est de s'accepter et s'aimer, le reste WE DON'T GIVE A SHIT et on a  concrètement pas le time pour toutes ces bullshits.

Gloire à nous, à nos pommes, à nos poires, à nos pastèques et aux hommes qui nous le rendent bien.


HAPPY BOOBSDAY TO ME !

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