Gros coup de pompe, ou la pire honte d'une vie


Très franchement j'aimerais ÉNORMÉMENT vous dire que cet article est purement fictif, d'ailleurs pour le bien de mon intégrité et de ma réputation je vous annonce dès maintenant que oui, il est totalement inventé et que cette histoire n'est jamais arrivée, jamais jamais jamais jamais.

Dans ma jeunesse folle, il y avait le Bachelor qui venait de commencer sur M6, l'époque où seulement sept chaines existaient et dont la quatrième nous a fait passer des soirées d'épileptiques tous les premiers samedis du mois.
Marion (quel beau prénom !) et Guillaume nous avaient régalé dans "jeux d'enfants" et j'étais totalement amoureuse d'un mec de mon lycée avec qui je m’entraînais aux clins d’œil sexy dans les couloirs.
Le soir on s'échangeait des "tu pens koa de moa ?" sur MSN et je rougissais devant mon modem quand je recevais "té pluto mignionne lol ^^". C'était les années 2000.

Un jour, lasse de nos échanges platoniques je l'invitais à venir regarder un DVD le dimanche  après-midi - ça se faisait à l'époque - et j'avais évidemment opté pour un film d'horreur.
Note de l'auteur : toujours choisir un film d'horreur pour feinter la peur afin de se blottir de mytho trouille contre le mec.
J'avais choisi E.T car ce film me fout les jetons.
Franchement ce mec chelou au doigt anormalement long ne vous fait pas flipper ? Personne se demande où il va aller le ranger ?
Moi si et c'est pour cette raison que E.T a alimenté maintes nuits agitées de mon enfance.


Nous avons regardé le film et je n'ai pas eu à feindre la peur car à la vue de la lumière au bout de son index j'étais déjà en train de cacher mes yeux avec ma main droite et mon cul avec ma main gauche.
J'ai posé ma tête sur l'épaule de mon ami, il a sourit, moi aussi mais javais des bagues : il est devenu aveugle.
Nous sommes ensuite montés dans ma chambre pour "commencer un jeu".

J'aurais aimé vous dire qu'il s'agissait du Kamasutra en moins de 15 minutes mais il n'en fut rien.
Dans les années 2000 j'étais chaste et surtout locataire chez ma mère.
Sous l'influence de ces enfoirés de Marion et Guillaume nous avons lancé un "cap ou pas cap".
Et là ... ce fut le drame.

Premier défi, cap de faire le Bachelor ? 
Il se leva et se positionna devant ma commode avant de prendre un air solennel. Il resta sérieux un instant puis m’appela, tenant dans sa main ma télécommande en guise de rose. 

Je me suis levée et j'ai avancé vers lui en  restant sérieuse alors que j'avais envie de lui dire : OUIIIIIIIIIIIIIII OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII J'ACCEPTE !!!

- Mona, acceptes-tu cette rose ?
- Oui j'accepte.


Je lui ai claqué la bise, on s'est regardé, il m'a souri, j'ai souri puis il s'est penché et m'a embrassé tout doucement sur la bouche.
Mon cœur bâtait la chamade, j'étais trop stressée /heureuse et j'avais hyper mal au ventre. Je pensais déjà à ce que j'allais écrire ce soir dans mon journal intime.

Il a enchaîné sur le défi suivant,

- cap ou pas cap de faire deux pompes ?

EASY ! Je nous voyais déjà arriver main dans la main au lycée sous le regard de mes copines, des clins d’œil et des pouces en l'air.
J'avais enfin un mec, il était trop mignon et il m'avait offert une rose virtuelle.

J'ai avancé vers le centre de ma chambre, me suis positionnée en mode sportive du dimanche et j'ai commencé mon défi la tête haute (mais pas que) comme si j'avais fait ça toute ma vie.

Évidemment que je ressemblais à ça

Et de une !


Je me suis transformée en warrior, je savais que j'allais trop l’impressionner.
J'ai commencé la deuxième pompe, je me suis baissée, j'ai soufflé puis me suis relevée en contractant mon bassin au maximum.

"Je suis belle, je pense mince, je pense belle, je ne suis que love et sport, je ne pense pas à mon ventre rempli de stress."

J'ai continué de contracter, plus qu'une et c'était terminé. je devais restrer digne car mon futur mec était juste derrière moi à me reluquer le cucul.
Je pouvais y arriver, ce n'était qu'une pompe. Allez je me suis relevée, j'ai tout contracté et 

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[...]



Dois-je sincèrement poursuivre cet article ?


Me restait-il vraiment trois années à passer dans le même lycée que lui ?
Tout à fait.

Sommes-nous sortis ensemble ?
Jamais.

Moi quand je me refais le film de ce jour-là



Note de l'auteur.

Cet article avait été écrit il y a deux ans. Puis n'assumant plus vraiment d'avoir lâché ma meilleure tirade je l'avais mis hors-ligne.

Si je vous (re) raconte cette histoire aujourd'hui c'est pour deux raisons :

La première : les actualités du moment n'étant pas très funs. j'ai pensé qu'en riant tous de ma fucking shame de l'année 2005 - dans laquelle j'ai abandonné toute dignité et durant laquelle j'ai fait la dernière pompe de ma vie - on pourrait oublier BFM le temps d'un instant et que sourire un peu ne nous ferait pas de mal.
Loin de moi l'idée d'être la sauveuse du monde avec mes articles foireux de meuf foireuse à qui il arrive toujours des plans foireux, j'ai toujours préféré rire que pleurer sans quoi je ne m'arrêterais jamais de verser des torrents de larmes.

La deuxième raison et non des moindres, c'est que le frère dudit homme devant qui j'ai joué de la trompette avec une partie n'étant pas ma bouche, vient en formation à mon boulot pas plus tard que la semaine prochaine.
Vous serez donc ravis d'apprendre que je vais organiser la venue professionnelle du frère du mec devant qui j'ai fait un remix de Bethoween feat #MyAss.


Ce sera pas le moment d'avoir un coup de pompe.

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