Tout plaquer pour s'occuper de soi


J-15 avant le premier jour du reste de ma vie.

Je vois cette date comme un nouveau départ, encore mieux qu'un 1er janvier, une renaissance. Tel un phenyx qui renaitra de ces cendres.
WhatDaFuck ?
Dans 15 jours les gars j'arrête de bosser.

PULL UUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUPPPPPPP 
DANSE DE LA JOIE 
SALTO (?! comment ça s'écrit) ARRIERE ET AVANT 
* ROULE-BOULE ON THE FLOOR*

J'arrête mon boulot, je quitte mon poste actuel allez ciao bye.
Je suis arrivée dans ma boite il y a deux ans avec des rêves plein la tête et en particulier un : avoir un "vrai" travail.
Ceux qui me suivent depuis quelques années ont dû voir passer certains articles où je parlais de mon boulot pas assez qualifiant à mon goût et du problème que j'avais à assumer ce que je faisais dans la mesure où ce n'était pas, selon moi, assez "valorisant".

Donc étant une mytho-pro j'ai toujours enjolivé mes tafs comme j'enjolive mes sourcils.
En fait j'ai toujours eu le complexe de la "sous-diplômée" qui fait que je n'ai jamais prétendu à des postes très qualifiés dans la mesure où je ne me sentais pas assez légitime pour faire ce genre de travail.
Pourtant, je bosse depuis mes 16/ 17 ans et j'ai fait un milliard de choses. J'ai travaillé partout, tout le temps et dans quasi tous les domaines.
Grâce à Dieu - et à mon réseau - je n'ai jamais eu de problème pour trouver un boulot puisque je n'avais aucune prétention salariale et surtout je prenais "tout ce qui venait".
Moi j'étais le genre de meuf à répondre "le smic c'est très bien" quand on me parlait salaire.
Je voulais un taf : j'avais un taf.

Puis j'ai trouvé celui-ci, ou plutôt on m'en a parlé, c'était bien mieux payé que mon ancien boulot d'hôtesse, c'était près des Champs Elysées, je travaillerai en binôme avec ma copine et surtout, c'était un "vrai" boulot, avec ligne directe, adresse mail personnalisée et cartes de visite.

La suite et simple et concise : deux mois après j'étais déjà au bout de ma vie.
J'ai tenu bon grâce à ma copine puis quand elle est partie couver puis accoucher de son mignon oisillon je me suis dit "meuf, faut faire quelque chose, ce n'est pas ça ta vie".

Ça. Vous savez j'ai lu un jour un article sur un blog qui m'avait énormément marqué. 
La fille parlait d'un entretien d'embauche durant lequel elle avait évoqué le harcèlement moral dont elle avait été victime sur son ancien poste et ce pourquoi elle voulait changer.
Elle n'a pas eu le poste car le DRH n'a pas voulu "d'une victime" et lui a avait dit : "vous savez mademoiselle, les gens ne peuvent vous faire que ce que vous les laissez vous faire.
Cette phrase m'a énormément touché.

Et c'était exactement ça. Sans rentrer dans les détails intimes et sortides de ma vie professionnelle, je confierais simplement que j'ai passé deux ans à me dire que je ne valais rien, que j'étais naze et que jamais je ne pourrais aspirer à un poste interessant vu que je n'étais qu'une incapable.
Deux ans à me faire bouffer jour par jour le peu de confiance que j'avais en moi et à me plaindre à ma collègue, mes amies, ma famille que j'avais un boulot de merde.

- Bah change.

Oui c'est hyper simple pour les autres. Vous connaissez l'adage qui dit "fais ce que je dis mais pas ce que je fais ?" ou encore "c'est toujours plus facile de donner des conseils que de les suivre ?".  Voilà.

- Bah trouve autre chose.

Oui c'est tellement pratique de chercher un boulot quand t'es en poste, décrocher son téléphone dans le bureau pour passer des entretiens téléphoniques et poser des CP pour aller aux entretiens et ce, sous le regard agréable de ton chef AKA le plus gros trou du cul de la planète.
Il faut dire ce qui est, pour chercher du travail il faut avoir le temps.

Ce taf m'a rongé les sangs, les freins, les cheveux et tout ce qu'il pouvait ronger, sauf que s'apercevoir que tout ça, je l'avais laissé faire, ça m'a donné encore plus l'impression d'être une merde.
J'avais plus du tout confiance en moi, en rien d'ailleurs et je m'en voulais tellement de m'être infligée ça, avoir laissé cette situation se détériorer, m'être laissé traité comme ça ... que je ne voyais plus le bout, le bout de rien, un néant sans fin.

Et puis petit à petit, c'était devenu invivable, j'étais devenue le genre de fille qui passe ses soirées à pinailler sur sa chef et ce qu'elle m'a dit, et ce qu'elle m'a fait, et tu te rends compte, et j'en ai marre, et j'ai une vie de merde et et et ... ET TA GUEULE !
C'était ça ma vie ? C'était ça la personne que je voulais devenir ? Une grosse vicosse ? (= victime pour les non-banlieusards). Une fragile ? Une grosse babtou fragile ?

J'étais devenue INCAPABLE de sortir de mon lit, paralysée, je pleurais dès le matin puis dans le métro comme une merde et si en plus ça aurait pu émouvoir un beau brun ténébreux mais non, j'avais juste une sale gueule.
Je venais habillée comme un sac, j'étais bouffie, gonflée, je ne me maquillais plus, mes cheveux ne ressemblaient à rien et ... et ouais voilà.
*AMBIIIIIIIIANCE*

Puis un jour, le déclic. Une réunion qui tourne mal, des reproches encore et toujours, injustifiés, mal-venus, malveillants, blessants et qu'ils aillent tous niquer leurs mères ils m'ont tous cassé les couilles.
La fragilité a laissé place au gros seum de banlieusarde et c'était parti. J'étais partie, j'étais déjà loin.

J'ai déjeuné dans ma brasserie du Trocadéro, j'ai appelé ma mère, j'ai commandé un coca light pour faire genre mais je l'ai pas bu parce que sérieux, c'est dégueulasse ce truc ?!? et le lendemain je demandais un entretien avec mon chef.
- Je veux qu'on négocie mon départ.
Le gars n'a pas compris, le gars m'a regardé avec la tête de Nemo, le gars était absourdi, le gars était sur pause.
Le gars était un gros trou du cul quand même.

- Tu y penses depuis longtemps ?
- Deux ans. Oui.
- Ok.

Tout s'est enchainé, les courriers, les entretiens et chaque jour je barre désormais une date de mon calendrier.


Dans 15 jours je vais reprendre ma vie en main et m'occuper de moi.
De mon esprit, de mon mental et de mon corps.
Je vais faire un bilan professionnel et retrouver confiance en moi. En ma personne, en mes capacités personnelles et professionnelles.
Je vais m'occuper de ma "société" en berne depuis un an parce que je n'ai pas le temps de m'en occuper, je vais reprendre assidument le blog, je vais m'occuper de mon gros cul qui ne passe plus les portes et je vais respirer. Respirer ... reeeeeespirer.

Je vais perdre près de 500 € de revenus et cela m'importe autant que le discours de Manuel Valls parce que l'argent c'est la vie mais la vie c'est aussi prendre du temps pour soi.
Le temps d'envoyer un mail à une amie qui vit loin, le temps d'aller chercher son neveu à l'école, le temps d'aller acheter une perruque à sa soeur (AHAHAHAHAHA - pardon - que Dieu me pardonne) le temps de vivre.
J'ai 28 ans, je veux faire de ma vie une belle histoire. Pas une grosse tragédie de grosse tragique.

Je ne compte pas profiter du chômage pendant des années et partir en week-end sur le dos de l'Etat parce que d'une, il n'a pas bon dos du tout et ensuite parce que ce n'est pas le but.
Je veux m'occuper de moi et panser tout ça. Je veux me retrouver et trouver un sens à tout ça.
Je veux accessoirement me trouver un mec génial et ce n'est pas en me considérant comme une merde et ne me lavant plus les cheveux que je vais y arriver. J'ai besoin de TEMPS - pour MOI.

Les gars je quitte tout pour le chômage. Et je n'ai jamais été aussi heureuse.
Et si je me suis faite tatouer un coeur sur le majeur ce n'est pas pour rien.

Parce que maintenant, I fucking love me.


Merci de m'avoir suivie, lue et soutenue. Grosse dédicace à SF qui m'a écouté me lamenter et piallier pendant deux années, grosse dédicace à mes super copines qui m'ont aussi écouté et surtout changé les idées, grosse dédicace à ma mère et énorme dédicace au monde qui avec ou sans moi continuera toujours de tourner.
Alors autant que ce soit avec moi non ?


PS : l'article dont je vous parlais est de Mélo l'imparfaite, à lire ici.

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