18 oct. 2017

Je balance mon porc


J'ai eu un déclic.
Ce matin j'étais dans la cuisine avec ma mère et nous discutions de l'actualité et du sujet #balancetonporc.
Je lui ai dit que je ne savais pas ce qui était le plus alarmant : que tout le monde en parle, que les témoignages fusent de partout ou bien que justement, il y avait énormément de témoignages.
Elle m'a répondu "évidemment c'est qu'il y ai autant de témoignages" puis elle m'a balancé son porc, son expérience à elle, vécue quand elle avait vingt ans et que je ne connaissais absolument pas.

J'ignorais que ma mère avait été victime de harcèlement sexuel et c'est sur le pas de la porte qu'elle m'a raconté son histoire, à moitié déjà partie, à moitié dans les escaliers et moi sur le perron qui disait "mais nannnnnnnn ! mais nannnnnn ! Oh le fils de pute !".
Il était 8h42 et j'étais en peignoir.

Quand elle m'a dit qu'elle avait défoncé la gueule de son harceleur à coups de clés je me suis dit "putain, heureusement que nous sommes des femmes qui savent se défendre" car malheureusement tout le monde n'est pas dans ce cas..

Puis, ma mère partie et en terminant mon thé, je me suis interrogée sur mes expériences à moi, en remerciant le ciel de ne jamais avoir été harcelée sexuellement sur mon lieu de travail ou d'avoir eu à défoncer la tronche de quelqu'un à coups de clés de voiture. En plus je n'ai pas le permis.

Puis soudain je me suis souvenue. Alors c'est le cœur qui tachycarde et les mots qui sont les miens que je balance mon porc. Comme ça me revient, ici et maintenant je vais vous parler d'une histoire très, très personnelle.

En fait, pendant longtemps j'ai "oublié" cette histoire parce qu'elle ne m'a pas traumatisé, Dieu merci.
Je n'ai jamais éprouvé le besoin d'en parler à un professionnel, d'occulter une souffrance ou des fêlures.
Je peux raconter cette histoire en toute décontraction en terrasse d'un bar sans osciller, sans être triste et limite rigoler d'avoir cassé l'ambiance parce que "je vous jure les gars, ça va très bien ! Faîtes pas cette tête !".
Alors non ce n'est pas drôle, mais cela ne m'a pas jamais traumatisé - Dieu merci.

J'en ai peu parlé parce qu'en réalité je m'en fous. Cet épisode de ma vie n'est pas important à mes yeux seulement voilà, aujourd'hui et pour la première fois j'ai eu besoin et envie de témoigner, d'en parler publiquement pour à mon tour balancer mon porc et essayer d'apporter un soupçon de soutien à tout cet engrenage pour faire en sorte qu'un jour, je l'espère, ces témoignages n'existent plus jamais.
Parce que non, ce n'est pas normal ce qu'il m'est arrivé et j'ai mis du temps à le comprendre.

J'avais douze ans et j'étais collégienne.
J'étais toute jeune, toute petite et même si j'ai toujours été la fofolle de service j'étais assez réservée.
Je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant c'était il y a 17 ans ... putain que le temps passe vite. 
17 années que cette histoire reste méconnue et il aura fallu ce blog pour qu'à 29 ans j'ose, veuille en parler ouvertement.

Cela s'est passé il y à 17 ans et j'étais en cinquième.
La récré était terminée et mon prof était absent je crois, nous allions donc en permanence.
Je marchais avec BFF - la seule et l'unique - quand j'ai été interpellé par un surveillant alors qu'on traversait le hall en direction de la salle de perm'.

- Mona ? 
- oui ?
- tu peux venir un instant ?

Moi, jeune, sage et obéissante, j'allais voir ce que le surveillant me voulait, laissant BFF me garder une place en permanence.

- on m'a dit que tu fumais, je dois te fouiller.

J'ai paniqué. J'avais peur qu'on appelle mon père, que je me fasse renvoyer du collègue et que mes parents me renient.
Je ne savais même pas que ce surveillant connaissait mon prénom, ME connaissait donc c'est que c'était grave. 
Il me connaissait parce que j'avais fait quelque chose de mal et mes parents l'apprendraient. J'ai eu peur. 
Peur d'être punie, engueulée si je ne prouvais pas mon innocence car oui, j'étais innocente.
J'avais douze ans et j'étais innocente. Je ne fumais pas et je ne voulais pas qu'on appelle mes parents.

A douze ans tu ne sais pas qu'il est impossible qu'on appelle des parents pour leur dire que leur enfant fume. 
Que tout le monde fume des clopes au collège et que tout le monde s'en fout. Qu'un pauvre pion de merde n'a pas le droit de fouiller un(e) élève.
Que fumer ne relève pas de l'autorité d'un enseignant ou d'un pion. Qu'en réalité personne n'avait dit quoi que ce soit sur moi.
Pourquoi moi ? Pourquoi ce jour ? Pourquoi cet instant ? Ces questions je me les suis posé et je n'ai toujours pas la réponse.

Le pion m'a pris à parti et a cherché une salle à l'abri pour pouvoir me fouiller et qu'ainsi, je puisse lui prouver que je ne fumait pas.
Il n'y avait personne dans les couloirs, toutes les salles étaient occupées alors nous sommes partis sur l'autre aile, tandis que je paniquais toujours à l'idée de me faire renvoyer et engueuler par mon père.

Quand enfin il a trouvé une salle de libre, une salle orange, une salle d’anglais, il a ouvert la porte avec une clé et a refermé derrière lui.
Enfin je crois qu'il a refermé, en réalité je ne m'en souviens pas mais c'est logique. Il n'aurait pas laissé la porte ouverte. Pas avec ce qu'il avait prévu de faire.

Je ne me souviens pas non plus du moment où il a fouillé mon sac et mes poches, je me rappelle juste de ce qu'il m'a demandé ensuite.
Il m'a demandé de faire des exercices de sport, pour contrôler ma respiration afin de savoir si elle était saccadée, sifflante, haletante et ainsi, déterminer si j'étais fumeuse ou non.
Logique pour une gamine de douze ans ! Insensé pour un adulte.

J'ai fait des pompes, des coupés-décalés et d'autres trucs chelou puis il m'a demandé de m'allonger sur le bureau, sur le ventre et il s'est mis contre moi.
Juste derrière moi. Collé contre mon dos.

Il s'est plaqué contre moi pour "écouter ma respiration", me demandant de mettre mes bras "bien comme ça, écarte bien comme ça, les jambes aussi" et il s'est collé derrière moi.

Et c'est à cet instant, cet instant précis, allongée sur le bureau du professeur, seule dans une salle avec un surveillant, les bras et les jambes écartées, lui derrière moi, que je me suis dit que c'était bizarre.

Je précise qu'il s'est juste collé. je ne sais pas ce qu'il a fait, mais il s'est "juste" collé.
Il n'y a pas eu de caresses, d'attouchements ou de pénétration. Le mec s'est "juste" plaqué contre moi.

Il est resté plusieurs minutes dans cette position, pendant que je me demandais ce qu'il se passait car je ne comprenais pas, puis il a dit "ok c'est bon tu peux y aller".
Je pense qu'il a dit ça, en fait je ne m'en souviens pas du tout. Je ne me souviens absolument pas du moment où je suis partie.
En fait, en tapant et relisant mon article je me rends compte que j'ai oublié énormément de détails de cette histoire qui pourtant, a bien existé.

Je me souviens juste que j'ai rejoint BFF au CDI, que je l'ai engueulée parce que c'était elle qui avait tiré sur une clope à l'arrêt de bus la veille et qu'à cause d'elle on pensait que je fumais.
Que j'allais me faire engueuler par mon père et peut-être renvoyer du collège.
Je lui ai raconté l'histoire de la fouille et de la salle d'anglais, des exercices et du pion derrière moi, et c'est elle qui a vraiment tilté,

- attends, mais c'est grave chelou ça !
- ah ouais ?
- bah ouais !!

Et voilà.

Voilà comment ça s'est terminé. J'en ai parlé à quelques copines, qui ont toutes dit qu'il était chelou avec tout le monde et on s'est toutes éloignées de lui, on l'évitait tout le temps.
Il a  terminé l'année scolaire puis il est parti et j'ai zappé cette histoire.

En fait, sur le moment, avant de raconter la scène du bureau je ne voyais pas ce qui clochait. Ce n'est qu'avec mon recul d'adulte que j'ai compris que ce n'était pas normal. 
Que si on prend les faits, un pion n'a pas le droit de fouiller une élève, seul dans une salle fermée à clé et se coller à elle, lui faire écarter les jambes et se plaquer contre elle.
Que personne ne fait ça et que c'était injustifié et vicieux car il avait menti pour m'attirer dans une salle.
Pourquoi ? Je n'en sais rien.
J'étais discrète, jeune, frêle, je n'avais pas de formes, rien. Quand bien même, soyons bien d'accord ce n’était justifié en AUCUN CAS. Mais moi, avec mon cerveau d'adolescente je ne comprenais pas pourquoi MOI.

Puis un jour, j'en ai parlé à ma mère.
Je ne sais plus si c'était juste après, la semaine suivante, les mois suivants ou des années plus tard mais quoi qu'il en soit elle l'a su.
Chaque fois que j'en ai reparlé elle évitait la conversation ou changeait de sujet alors un jour je me suis énervée. 
Je lui ai dit qu'elle n'en avait rien à foutre et qu'elle n'avait rien fait. Qu'elle évitait le sujet alors que c'était grave et qu'elle avait occulté cette histoire comme si elle n'avait jamais existé, comme si mon récit ne comptait pas.
Et là j'ai appris. J'ai appris ce qu'elle avait fait cette année-là.

Quand ma mère fut au courant de mon histoire, elle a été voir la proviseure du collègue.
Les gens qui me connaissent et me lisent, vous vous souvenez de la proviseure qu'on a eu en 5ème ?
La vieille, Madame L., et bien c'est elle.
Ma mère a été voir la proviseure pour lui raconter mon histoire, et elle a répondu :

- Mona fabule, ce surveillant est très apprécié et par tout le monde ! C'est impossible !

et ça c'est fini comme ça.

Plusieurs fois j'ai eu envie de lui écrire à cette Dame. Lui dire que je ne fabulais pas et que ça c'était bien passé dans son établissement. Dans sa salle d'anglais, avec son surveillant et une élève de douze ans naïve et innocente.

J'ai aussi tilté sur ma naïveté car un jour, la même année et en pleine récré, j'ai vu ce surveillant rire avec un élève parce qu'il devait arrêter de fumer or il avait un paquet de Marlboro dans sa poche.
Il l'a sorti fièrement l'air de dire "et non mon gars, j'ai pas arrêté finalement !" et le surveillant rigolait avec lui.

Je n'ai pas compris pourquoi lui on ne lui disait rien et pourquoi il n'avait pas été fouillé alors qu moi si.
La réponse était simple : parce que cela n’existe pas, personne ne fouille les élèves pour les emmener dans une salle isolée parce qu'on soupçonne qu'ils fument.


J'ai revu le pion quelques années plus tard, en plein centre commercial.
J'étais avec des amies, j'ai eu un coup au cœur mais j'ai continué ma route, ma vie. 
J'ai toujours imaginé la scène où je le recroiserai, je lui péterai la gueule certainement - ou alors je serais paralysée.

Ce qui me rend vraiment malade, c'est qu'il a peut-être fait pareil - voire pire - à d'autres filles. 
Toutes ces filles groupies qui l'adoraient au collège, ont-elles subi des choses aussi ?
Rien que d'y penser ça me rend furieuse et triste. Peut-être que si j'en avais parlé ouvertement ... on ne sait pas, on ne saura jamais.

Aujourd'hui j'ai partagé cette histoire avec vous, ce n'est pas facile, c'est très gênant, c'est très personnel mais je me devais d'apporter mon témoignage à ceux des autres parce que ce n'est pas NORMAL que ces choses existent.
Ce n'est pas normal de ne pas être protégée par ce type de harcèlement.


Je dénonce ce fils de pute de surveillant qui a abusé de ses fonctions et de la crédulité d'une gamine de douze ans.
Je dénonce la proviseure qui n'a pas su/ voulu écouter et protéger ses élèves. En l’occurrence moi, la Mona de 12 ans.

J'espère de tout mon cœur que personne n'a subi la faiblesse et l'inadmissible de ce pion.

Enfoiré de merde, tu ne m'as pas atteint, je te balance aujourd’hui espèce de sale gros porc.
Dieu est grand, un jour ou l'autre ... la justice fera le reste. En attendant, c'est ma vérité qui éclate.


Azzedine, surveillant au collège les Saules à Guyancourt en 2001-2002. A abusé de la crédulité d'une collégienne.
Proviseure Madame LEICK. N'a pas su écouté pour protéger ses élèves.




#BALANCETONPORC



30 commentaires:

  1. Et bah tu vois moi j'aurais carrément balancé les noms dans l'article... Putain ca me fout en rogne de bâtard. Mais je pense que malheureusement comme toi, j'aurais pas tilté... a 12 ans non, les adultes ont "tous les droits", s'il me fouille c'est parce que j'ai fait quelque chose de mal et j'aurais tout voulu faire pour leur prouver que non j'ai rien fait et s'il vous plait appelez pas mes parents.
    Mais a notre age, on repense a des trucs de ce style et on se dit WTF!!!!

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    1. Exactement, c'est pour ça que quand j'en parle je suis plutôt en mode "mais WTF le mec trop chelou" !!! parce qu'à l'époque je comprenais pas.
      Gros fils dep' !

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  2. Ahhhhhh.... ! Mais quel enfoiré !!! C'est écoeurant, gerbant et révoltant !

    Je suis tellement en colère contre cette société de merde ! C'est à cause d'elle que les filles, femmes sont agressées. On nous rabâche depuis tellement longtemps, que nous sommes juste bonnes à procréer que les mecs pensent avoir le droit de n'importe quoi sur notre corps !!!
    Et la sexualisation à outrance n'aide pas, dans une pub pour un déo, on voit un nichon. Un jour pour une lampe de bureau, on verra une nana se frotter à poil dessus. Les publicitaires vendent notre corps à la télé.

    Après, il n'y a pas que ça évidemment, l'éducation. les propos que peuvent entendre les enfants. Faut pas s'étonner de voir un mec traiter une femme de salope, quand il a entendu ses parents le dire parce qu'une nana avait une jupe trop courte pour eux...

    Je divague ^^ Mais toujours avec ce genre de sujet.

    J'ai eu cette chance (C'est honteux d'avoir à dire que c'est une chance, alors que c'est juste normal) de n'avoir jamais subi ce genre de chose.

    Je suis fière de toi Mona d'avoir eu le cran d'en parler. Et quand à cette ordure, j'espère que son Karma lui balancera une grosse merde au visage !!!

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  3. Comme écrit ailleurs, je ne balance pas mes porcs aujourd'hui. C'est déjà fait depuis longtemps et je préfère ne plus leur laisser de place dans ma vie.
    On est d'accord, ce pion a eu un comportement bien chelou... en espérant qu'il en soit resté là.

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    1. Tu as bien raison, aucune place pour eux.
      Des bises

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  4. Ton histoire donne la nausée, surtout à cet âge, innocents et naifs qu'on est ! Quel degueulasse. J'espere que d'une manière ou d'une autre il aura payé ! J'ai balancé mes porcelets à l'instant sur mon blog. Je me tatais à mettre un lien sur ton article mais je voulais avoir d'abord ton accord. Baci baci

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    1. Hola guapa!
      Merci meuf, quel gros fdp.
      J'ai vu passer ton article mais pas le temps de le lire en cours "lol".
      Avec plaisir le lien

      Hâte de lire le tien, des bisous bisous

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  5. je pense que je n'aurais pas tilté non plus. J'aurais été mal à l'aise, mais la crainte de me faire virer m'aurait paralysée. Et ce con a abusé de son pouvoir. C'est une pourriture.

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    1. En fait pour en avoir discuté avec ma mère hier, je lui en avait parlé parce que je n'avais pas du tout compris.
      Pas que j'étais traumatisée ou souillée ou autre (Dieu merci) mais parce que vraiment je n'avais pas compris ce qu'il c'était passé.
      Et elle, avec son recul d'adulte elle avait compris de suite.

      Quel gros fdp, Dieu est grand, c'est ma seule récompense.

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  6. Ton récit est glaçant !!! en même temps, tu expliques tellement bien : le fait de ne pas savoir comment se comporter à 12 ans !!! que tu ne trouvais pas ça normal, mais tu ne savais pas trop comment le dire, le non-soutien des adultes...
    je me rappelle aussi d'un truc bizarre. quand j'étais en primaire, on avait la visite médicale, à la fin, avant de sortir, le docteur avait tiré sur ma culotte pour voir mon pubis puis m'a laissée partir ! trop bizarre, je n'ai rien dit car je ne savais pas si c'était un geste médical ou quoi, mais à 32 ans, je m'en rappelle encore, DONC c'est bizarre. Je me rappelle quand même qu'à l'époque, avant la visite médicale, il y avait eu un scandale de pédophilie dans la presse, donc en tant qu'enfant, je savais qu'il fallait être vigilant.... mais on m'a jamais clairement expliqué ce dont il fallait se méfier.

    je me dis qu'il faudrait ptet en parler aux enfants un jour, de leur dire clairement que c'est pas normal si un adulte les touche, les jambes, la poitrine, le sexe... car finalement, tout ça est très flou pour des enfants.

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    1. Bonjour Annie, merci pour ton commentaire.
      En effet, pour en avoir discuté avec ma mère hier, je lui en avait parlé parce que je n'avais pas du tout compris.
      Pas que j'étais traumatisée ou souillée ou autre (Dieu merci) mais parce que vraiment je n'avais pas compris ce qu'il c'était passé. A douze ans tout ça tu ne le comprend pas, personne ne t'en a jamais parlé qu'il y avait des adultes "malades".
      Mais, avec son recul d'adulte elle avait compris tout de suite.

      En effet, il faudrait trouver un moyen d'en parler aux enfants sans les alarmer pour autant, mais apprendre à la vigilance et reconnaitre les gestes ambigus.
      Et oui, le médecin a eu un geste très très incompréhensible pour un enfant ... !

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  7. OMG ton histoire... Je te comprend, à ta place je pense que j'aurai réagi pareil, à 12 ans le pion c'est l'autorité. Mais punaise ça me fait flipper pour mes gosses, je dois les alarmer, les prévenir mais je ne veux pas qu'ils flippent tout le temps, qu'ils deviennent parano. Bref glaçante ton histoire et la directrice...Connasse!

    Bisou

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    1. Comme je dis à Annie plus-haut, il faudrait trouver "le bon moyen" d'en parler aux enfants sans les alarmer pour autant.
      Leur apprendre la vigilance et surtout, que les adultes sont là pour les protéger et en parler, A PLUSIEURS PERSONNES !

      Biz biz !

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  8. Mona,

    J'aimerai avoir la même force que toi et de réussir à balancer mon porc.. même après 13ans j'y arrive pas...
    En tout cas je te remercie de me faire rire à chacun de tes autres articles ils sont mon moment d'évasion quand mes pensées sont au plus bas <3
    C.

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    1. Merci à toi de me lire C. et courage à toi <3

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  9. Bonjour Mona, bonjour à toutes,
    Moi j'avais 6ans. C'était le père d'un copain d'école . Je ne sais plus le nom ni de l'un ni de l'autre. J'avais 6ans.je jouais. le père m'a demandé de m'asseoir à coté de lui devant la télé. Il m'a pris la main , l'a collé sur lui. Sur son sexe? Peut-être. J'avais 6 ans. Le souvenir que j'en garde? Moiteur et humidité. je n'ai pas regardé. J'avais 6 ans. Je ne suis jamais retourné là-bas. J'ai oublié. Tout oublié.
    Et à 20 ans, tout m'est revenu.J'en ai parlé à ma mère, un jour. J'ai eu l'impression qu'elle ne me croyait pas (et c'est la plus attentive et aimante des mères). Des années plus tard . Je lui ai redit . Fort. j'ai dit que c'était dévastateur. J'avais 6 ans et il ne m'a pas violé. Mais comme toi , Mona, j'ai envie d'écrire que ce mec est un sale connard, pervers , qu'on ne profite pas de l'innocence d'une enfant pour son propre plaisir.
    Qu'il pourrisse en enfer.#balancetonporc
    Et pour finir, chère Mona, j'aime ce que tu écris: ça me fait rire mais pas que!

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    1. Chère anonyme, merci énormément pour ton témoignage, je suis touchée que tu partages ton histoire avec moi et avec nous.
      A si ans on est tellement innocent qu'on ne sait même pas que ce genre de porc existe, l principal c'est de toujours se relever et continuer sa vie parce que ce n'est pas un sale connard qui va nous bousiller la notre.
      Bravo et force à toi, plein de bisous

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  10. 9 ou 10 ans, Cm1 cm2 chaiplu.... en route pour l'école, une R5 s'arrête, le gars me dit etre souffrant et chercher l'adresse d'un médecin dans le quartier, je lui indique, non il ne voit pas, et la faille spatio-temporelle, j'accepte de monter dans sa voiture pour lui montrer exactement.... des que je monte je sais que je fais une connnerie, que c'est interdit, dangereux. Trop tard. Il ne prend pas la direction de l'adresse du médecin il s'engouffre dans un parking me dit qu'il a mal au niveau du pli de l'haine là.... me prend la main et la glisse là où il a mal. J'ai peur j'ai honte je serai en retard â l'école si j'y arrive un jour.... ca s'arrête l'amour quand je lui dit sèchement "maintenant ça suffit ramenez moi devant l'école" il le fait. J'arrive effectivement en retard. Je prends quand même le temps d'aller me laver les mains. Je me sens sale. Je me fais gronder. Et je ne dis rien, jamais. 20 apres â ma mere qui du coup me croit à peine. Je suis miraculée, j'étais honteuse et j'aurais dû le dire bien sûr. J'espère juste que ce salopard n'a pas fait de mal à une autre fillette. Parce que ca aussi je m'en sens responsable . Il a fallu t

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    1. Mona, je vais me permettre de répondre à Virginie. Je suis l'Anonyme du témoignage précédent le tien et je m'appelle Agnès. Je n'avais pas écrit mon prénom parce que je crois que,même si les faits datent de plus d 40 ans , il y a toujours un sentiment de honte qui reste.C'est idiot, je suis une victime, comme toi et nous n'avons pas de honte à avoir ET surtout, nous ne sommes responsables de rien Virginie. Nous étions des enfants. Je crois que ces expériences sont d'une telle violence qu'elles nous laissent dans un état de sidération absolue qui font que la parole n'est pas possible.
      D'accord Virginie?
      Parler aurait été rendre cela réel et il faut du temps pour accepter d'avoir été abusé, même s'il y a bien pire.
      Tu as eu la force de le faire arrêter. Sois en fière.
      Je t'embrasse

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    2. Force à vous je vous embrasse toutes
      <3 et merci d'avoir partager vos témoignages ça me touche beaucoup.

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    3. Tout à fait, en parler c'est le rendre réel. Encore aujourd'hui j ai toujours un petit moment de flottement pendant lequel je me demande si ça m'est bien arrivé.... dingue! Alors oui Meme tard, très tard, il faut le faire. Merci pour vos mots, votre bienveillance....

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  11. Salut,

    Je lis souvent ton blog, dans l'ombre et le silence. Mais ce soir j'ai envie de réagir et d'écrire.
    Je n'arriverai pas à écrire ce qui m'est arrivé il y a une semaine sur mon blog, simplement parce que ce dernier est très lié à ma vie pro et je ne me sens pas de raconter ça à mes collègues ou futurs client (je suis designer visuel freelance) BREF.

    Petite j'ai eu plusieurs trucs chelous. Mais j'ai tellement peu confiance en moi que je ne suis même pas sûre que ça se soit produit : en CM2 - mon prof aimé de toutes les filles de l'école (sauf de moi, je le trouvais chelou) m'a fait corriger ma dictée sur ses genoux. J'étais en collants, ceux en laine qui piquent. Il a foutu sa main (je crois) sous mes collants, devant la classe, en scred (probablement). Juste sur mes cuisses, pas ailleurs, mais j'avais tellement honte que j'en avais pas parlé sur le coup mais longtemps après, sans être sûre que cela soit arrivé. En 6e j'ai vu un exhibitionniste sur la route du collège. J'en ai tout de suite parlé et une main courante a été déposée. Après, c'était plutôt calme si on ne parle pas du harcèlement de rue of course.

    la suite dans un second commentaire (c'est long...)

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  12. La suite :
    Mais la semaine dernière. J'ai du passer une échographie pelvienne. J'en ai eu pas mal durant ma grossesse donc je sais comment ça se passe et je suis plutôt sereine (si l'échographe ne voit pas bien, il continu l'examen dans ton vagin avec une sonde, pas agréable mais nécessaire donc anyway). Depuis mon accouchement j'ai un stérilet et je le supporte mal donc je vais voir ce mec pour qu'il regarde où le truc (en gros).

    Déjà, fait chelou, il y a une caméra dans sa salle d'examen qui au lieu d'être (selon moi) cadrée sur ta tête l'est plutôt sur ta chatte. Sympa. J'attends 15 minutes dans la salle en culotte soutif et je me dis que le mec doit me matter avec sa caméra. Bon je suis parano sur ce coup, car j'ai pas encore vu la gueule du mec qui va faire l'examen. Si ça se trouve c'est même une meuf.
    Perdu, c'est une mec, un vieu, petit et moche. Et en plus au bout de 10 minutes je comprends bien qu'il est légèrement raciste donc con. Je lui explique pourquoi je suis là. Donc petit topo sur ma situation de femme, forcement je lui dis que j'ai eu un enfant il y a un an. Je raconte mon histoire, il lâche un "je vois" et me demande le sourire aux lèvres "et sinon mis à part faire des enfants, vous faites quoi dans la vie". Le boloss est marrant... ou pas. On parle vite fait, je lui montre qu'il me gonfle. Et il me sort "bon on va continuer l'examen avec la sonde. Aller on vide sa vessie... ma puce (à demi-mot)". Je vais aux toilettes et je me regarde dans le miroir et je répète en boucle "ma puce, ma puce, il a vraiment dit ma puce" je n'arrive toujours pas à savoir.

    Je m'allonge sur sa table d'examen en culotte, pas envie de la retirer, pourtant je vais devoir. Le mec s'arrête et me sort "euh... vous avez déjà eu ce genre d'examen?" moi "ben oui forcement, pour rappel, j'étais enceinte...!!" il me lâche "ben donc va falloir là..." ... je le regarde très mal, mais ne dis rien, hiérarchie médicale à la con (m') oblige : je retire ma culotte. Il me fait super mal, rentre son truc et me dit "ce sont vos intestins en rigolant" - j'ai envie de le buter, de lui foutre sa sonde dans la bouche et de l'étouffer avec. Je lui réponds que ce n'est pas marrant étant donné le contexte. Il se calme mais me fait toujours aussi mal. IL m'explique mon anatomie sachant qu'il l'avait fait juste avant avec les images "en extérieur" et qu'on voit exactement la même chose... Il s'excuse quand même de me faire mal mais me dit qu'il est OBLIGÉ... Genre.

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  13. La suite et fin :
    Fin de l'examen, il retire sa putain de sonde et ... la sent à genre 20 cm de ma tête choquée. Il me dit encore "désolée je suis obligée, pour contrôler..." et après coup me sort, "ça va, ça ne sent pas mauvais". Je ne dis plus rien, je veux juste me casser. Raconter ça à mon mec, avoir si ce que je vis là est bien réel. Il termine par "j'espère que ça s'est bien passé quand même"... Je lui dis "comme un examen en fait..." FIN. Je ne l'ai pas revu c'est une secrétaire qui m'a filé mes échos et je suis partie.

    Je raconte ça à mon mec choquée et du coup je minimise. Je ne veux pas l'alarmé. C'est juste un vieux pervers, enfin, je suis même pas sûre, il était peut-être juste maladroit.

    Cinq jours plus tard - je raconte plus en détail cette histoire à mon mec, super vénère, me rendant compte qu'il y a un vrai problème. Il est choqué. Navré. Il pense que vu que c'est un médecin - il sera sûrement intouchable. Mais m'encourage à porter plainte. Je vais le faire. Moi ça va. Mais une ado qui tombe sur ce FDP c'est catastrophique. Je vais porter plainte cette semaine.

    FIN DE MON HISTOIRE.

    Je vais vraiment bien, mais j'ai juste besoin de l'écrire et la partager avec des gens que je ne connais pas. Je veux juste savoir si je ne suis pas folle et si j'ai bien raison de porter plainte contre un praticien chelou certes et peut-être qu'il est juste chelou... Même si au fond, je pense que si je ressens ce sentiment de "ce n'est pas normal" c'est que ça n'est pas normal, point barre.

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    1. PUTAIN.
      Chère Elotarie, déjà merci de me lire, même dans l'ombre, ça me touche beaucoup.
      Ton premier commentaire intervient sur cet article un peu perso mais tant pis, parfois ans la vie ça fait du ben de se confier à des gens qu'on ne connait pas comme tu l'as si bien écrit.
      Tout d'abord je suis très choquée par ce prof, quel fdp putain, mais l'histoire du gynéco m'a glacé le sang.
      Je suis en cours et j'ai la peur au bide après avoir lu ton commentaire, en effet ce n'est pas normal mais on se dit tellement que c'est pas possible que finalement on se demande si ce n'est pas nous qui avons "un problème".
      Lorsque ce genre de question me taraude, je fais un exercice simple de la situation que je ne comprends pas pour y voir plus clair.
      Je prends les faits, juste les faits.
      Dans ton cas : "caméra, ma puce, insistement, examen douloureux, perversité, questions intimes, humiliation avec la sonde etc" et là tu fais le bilan très simple : NON ce n'est pas normal.
      Je t'encourage et te soutiens à 100000000000000000 % à en parler à qui de droit et porter plainte. Je suis contente que tu ai ton mec pour te soutenir, lorsque l'on est seule c'est encore plus dur de trouver les conseils avisés et les mots rassurants.
      En fait c'est tellement con mais on se dit "prof, pion, patron, médecin, flic ..." : ce sont des personnes référentes et influentes, ils nous protègent donc ce n'est pas possible qu'ils soient pervers, c'est nous qui interprêtont mal.
      MAIS NON !!!!!! Toujours se fier à son instinct et ne JAMAIS JAMAIS se laisser faire.
      je suis de tout coeur avec toi, gloire à toi !!!

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    2. Merci pour ta réponse. C'est vrai qu'en me relisant - le lendemain - ça glace le sang, je vais prendre mon courage à deux mains et je vais aller porter plainte cette semaine :)

      La bataille n'est pas terminée mais #girlsruntheworld et un j'espère de tout coeur que ce #METOO ET #BALANCETONPORC vont faire changer / bouger les choses. Que tous ces témoignages de l'ombre marqueront l'histoire des droits des femmes.

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    3. Surtout ne lâche rien ! J'espère sincèrement que tu vas tomber sur les bonnes personnes, qui sauront t'écouter et te conseiller quant à cette situation vécue absolument anormale et humiliante.
      Courage force et gros bisous !

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  14. C'est vraiment horrible...et se dire qu'on est loin d'être la seule, et que c'est loin de s'arrêter...horrible.

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    1. J'étais à deux doigts de supprimer l'article tellement les réactions, témoignages et commentaires sont de plus en plus nombreux et difficiles à lire ... c'est juste incommensurable. Et gerbant.

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