Le mec de la ligne 6 - Coup de foudre sous la Tour Eiffel


Après avoir quelque peu évoqué les problèmes rencontrés à mon travail, avant de brûler entièrement le bâtiment et pousser le PDG du 1er étage (oui, le bâtiment ne compte que deux étages premier GROS FAIL) j'ai préféré leur dire "allez, salut ! J'fais pas mon préavis" et m'épanouir ailleurs que dans le fantasme caché que le Directeur Régional se rende soudain compte que je suis la femme de sa nuit.

Une semaine plus tard, ma plante et des paquets de post it empruntés à long terme, j'ai quitté mon bureau pour aller me construire une vie professionnelle dans laquelle je n'aurais pas envie de tuer des gens.
C'est ainsi que j'ai débarqué dans le 16 ème arrondissement de Paris (l'élite de la Capitale pour ceux qui ne vivent pas sur terre) avec ma mes boites de post it et mon agenda de working girl.
Désormais j'ai une adresse mail à mon nom et les banques m'envoient des mail qui commencent par "Bonjour Mona j'espère que vous allez bien ..." et ça, je m'en remets toujours pas.

Si j'ai envie de leur répondre "ça irait mieux si vous pompiez pas tout mon fric bande de shlagues. J'en ai marre d'engrosser vos commissions. Bisous bande d'enculés." ? Absolument. 
Si je suis encore en période d'essai ? Evidemment
Si je travaille sur mon self-control et mon agressivité ? Je n'ai pas le temps.

Voici donc ma nouvelle vie sauf que bien sûr, elle n'en reste pas moins pleine de rebondissements. Qui dit Paris dit transports, dit train, dit carte de transports à 116€50 par mois, dit roumains accordéon, dit métro.
J'ai donc l’extrême privilège de prendre tous les matins la ligne 6 pour aller bosser.
La 6 je l'aime parce qu'elle passe devant la Tour Eiffel, j'ai beau la voir depuis des années à chaque fois je souris comme quand je reçois un texto d'un mec qui me dit que je suis sa muse, un soleil même dans la nuit, une fleur parmi les fleurs. Oui ça m'arrive très souvent, pas vous ?
Ce moment où tu te surprends à sourire toute seule aux yeux de tous, ton iPhone dans la main, à espérer qu'un malfaiteur ne te l’arrache pas soudaienement.

Ce matin, pendant que j'admirais la grande dame de fer en souriant et écoutant les dernières pâtisseries de ≠ Fauve j'ai senti sur moi un regard.
Pas celui du mec qui se branle sur la barre de métro entre Daumesnil et Bibliothèque François Mitterrand, non, un regard mignon.
J'ai levé la tête de mon téléphone et là ... le temps s'est arrêté. Un brun, canon et avec des yeux de folie me regardait tout en souriant.
Pendant ce temps, "nuits fauves" jouait ses premières notes, un des plus beaux moments de ma vie.
le eye contact a duré au moins ....... dix secondes. Jusqu'à ce que je lui souri.

Dix secondes de pur bonheur durant lesquelles je planais sous le regard de ce brun ténébreux qui admirait mon doux visage.
Dix secondes pendant lesquelles j'entendais résonner "promis juré qu'on la vivra notre putain de belle histoire" et mes yeux se perdaient dans les siens.
J'ai souri. Fin de la vie.

Vous savez, j'ai plusieurs atouts pour pécho et/ou qu'on tombe amoureux de moi.
Sans vouloir me dévoiler - chacun sait combien la pudeur est une vertu chère à mon cul - mon sourire en fait parti.
Sauf que là, j'avais oublié un infime détail qui a fait toute la différence, mais ça, je ne l'appris que bien trop tard.


Scène d'amour, ligne 6, entre Bir-akeim et le Trocadéro, sous la Tour Eiffel n'ayons pas peur des mots : j'imaginais déjà nos soirées d'amoureux à faire l'amour en écoutant Fauve.
Mon Salut, ma récompense à mes galères, lui, mon futur.
Je suis amoureuse. Ma vie va changer.
Et comme à l'accoutumée, j'ai souri de mon meilleur sourire, le genre de sourire à faire rougir un fakir.

Il m'a regardé, j'ai vu dans ses yeux amoureux un soupçon de choc, voire de déception.
J'ai distingué un léger changement dans son expression. La lumière s'était éteinte.
*alarme du métro* ouvertures des portes : il est descendu et ne s'est même pas retourné et moi ?
Je l'ai regardé s'en aller, lui l'amour de ma vie qui partait à Passy *poésie*.

Triste et penaude je suis descendue quelques stations plus tard.
Lana Del Rey dans mes oreilles, pas certaine que "born to die" soit la musique adéquate au moment -M de l'histoire mais on ne peut rien contre son destin musical.
A l'instant T (et non pas l'instanté ndrl), la bande originale de ma vie m'expliquait clairement que j'étais née pour mourir.
Bien que ce soit vrai je remercie le réalisateur de ma vie d'éviter de me le rappeler chaque jour.

Arrivée au boulot l'air triste, j 'ai salué ma collègue et là ... c'est le drame.

- Mona ... c'était quoi ton smoothie ce matin ?
- Pomme kiwi pourquoi ?
- Non comme ça, m'a t-elle dit en rigolant. Tu devrais aller te regarder aux toilettes ... 

What ? Qu'est ce qu'elle rac ...
Putain non...
Je me suis contemplée dans le miroir des WC, je suis ressortie, me suis assise sur mon siège et j'ai cogité sur ce qu'aurait pu être ma vie si j'avais fait un smoothie pomme orange.

La vie ne tient qu'à certains détails près, ici il tenait dans un seul.


Ce moment gênant où tu souris à l'homme de ta vie, les dents pleine de kiwi.


"quand tout à coup tu croises un regard qui te perfores de part en part".

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