Je fais ma rentrée ce matin + bilan de 7 mois de chômage


et accessoirement qu'a été "ma nouvelle vie " ?

Il y a sept mois j'ai décidé d'envoyer balader mon quotidien professionnel morose et déprimant pour les joies du chômage.
Parce que j'aurais pu continuer mon boulot et jouir de tous ses avantages (c'est-à-dire uniquement d'un salaire) ou bien de m'endetter comme jamais et rester chez moi.

Évidemment j'ai choisi la deuxième option. 

Ce que les gens ignoraient c'est que ce choix était mûrement réfléchi et surtout, j'avais un vrai projet - personnel et professionnel - derrière tout ça.
Sauf que justement ça, les gens autour de moi n'en avaient pas conscience.
J'ai eu le luxe d'envoyer péter mon confort et ma sécurité de l'emploi pour un avenir justement tout sauf luxueux.
Sur le coup, j'ai essuyé les remarques telles que "tu fais ta crise d'ado, on n'envoie pas balader un CDI comme ça, tu vas faire quoi de ta vie, tu es totalement immature et capricieuse" et autres soutiens non négligeables puis j'ai mené ma petite barque telle la sirène que je suis et sept mois plus tard je vous dresse ce bilan.

Tout d'abord, la quiétude.
J'ai pu déconnecter d'un boulot prenant moralement et en définitive, physiquement, pour enfin me recentrer et questionner sur ce que j'aimais, voulais, souhaitais et surtout ne voulais plus, jamais.
Parce que je fais partie de cette catégorie de personnes qui pensent que même un CDI ne devrait pas pourrir notre existence, j'ai tout plaqué pour Pôle Emploi.

Ce n'est pas parce que "c'est la crise, trouver du boulot c'est la galère etc" qu'il faut accepter de se laisser traiter comme une merde et devenir le zombie de soi-même.
Quand je me suis rendue compte que je ne parlais que de mon boulot "de merde", à ma famille, mes amis, mes amants ... j'ai réalisé que ce boulot si précieux aux yeux de la société n'était que source d'enmerdes.
En clair, le burn-out ou la dépression post-taf de merde c'était trop pour moi, j'ai décidé que ma vie ne se résumerait pas à ça.
J'ai donc négocié mon départ et sans pot - de départ - ni quoi que ce soit, je suis sortie la tête haute et j'ai pris mon train pour la dernière fois.

Ensuite, sachez que si vous voulez tester votre amitié, le chômage sera votre meilleur allié !
Vous pourrez constater par vous-même que lorsque vous avez moins d'argent et vous déplacez-moi (car moins d'argent), peu de vos amis continuent de ... s'intéresser à vous.
A votre vie, vos humeurs, vos projets, vos doutes ... ce qui animent vos journées en réalité.

Quand tu as de l'argent à claquer en soirées parisiennes - pour toi et les autres - tu as plein de potes et ta vie sociale est dingue.
Quand tu as moins d'argent et donc, ne sors plus - ne rince plus - et préfère rester dans ta banlieue pour éviter de claquer ton budget courses dans des mojitos, curieusement tu n'as plus personne autour de toi.



Inutile de lancer le débat Paris / banlieue, on sait tous que le parisien ne sort pas de chez lui, et encore moins pour venir chez moi.
Alors moi, j'ai attendu, un peu.
J'ai été déçue, un peu.
J'ai été triste, beaucoup.
Puis après une phase de dépression post-chômage à base de :
- je n'ai plus d'argent
- je n'ai plus d'amis
- je n'ai pas de but dans la vie
- tout le monde s'en fiche de mon existence.

J'ai entamé ce que j'appellerai ma phase de "j'suis une meuf au top, j'ai plein de projets et je n'ai besoin de personne, ni en Harley ni en Davidson".
Et quand j'ai accompli tout ça, bizarrement les gens ont fait leur grand retour.

Ai-je réellement le temps d'être plus fréquentable lorsque je ne suis pas en dépression ?
Absolument.

Au début le chômage c'est cool, tu reprends des forces, tu te reposes, tu penses à ta vie, à son sens, à ce que tu aimerais concrétiser puis un beau jour tu atteins la "dépression zone" (citée ci-dessus) puis la "phoenix zone" pour enfin atteindre la "quiétude zone" et un beau jour tu te réveilles et là ... la "fierté et harmonie zone" te tend ses bras.

Je me suis sentie très seule, triste, incomprise, délaissée mais je ne me suis pas laissée abattre car dans la vie ton meilleur allié et bien c'est toi-même et personne d'autre.

En sept mois j'ai eu le temps d'être fichée bancaire, muscler mon cul à la salle, apprendre à gérer ce que je mangeais et donc, envoyait dans mon cul, prendre du recul quant aux gens que j'avais autour de moi, profité de ma famille, coupé mes cheveux, voyagé, suis partie en vacances, me suis cassée le pied, la tête et le coeur; teins mes cheveux en brun, en orange, en blond, en châtain, daté, fucké et peut-être même de tomber amoureuse.
Nan j'déconne.
Ou pas.

J'ai rempli mes journées d'activités que je n'avais pas le temps de faire lorsque je bossais telles qu'aller chez le médecin à 15h30 ou prendre un café à 17h00.

J'ai organisé minutieusement et consciencieusement mes projets et ce dimanche dernier était mon dernier en tant que chômeuse car aujourd'hui je commence ma formation.
Celle pour laquelle j'ai tout plaqué, quitte à en chier grave et OMG que j'en ai chié.

Sept mois plus tard, la tête haute et vidée de toutes nuisances j'ai préparé mon sac et m'apprête à rentrer en cours.
BRAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH.

Officiellement je suis toujours au chômage mais dans les faits je suis "en formation".

Je vous passerai la partie doutes de soi, vais-je y arriver, vais-je réussir, vais-je trouver ma place, vais-je tout arrêter à la première embûche car cet article c'est surtout de la reconnaissance pour toutes les personnes qui ne m'ont jamais lâché et soutenu jusqu'à la décision finale de mon entrée en formation.
Famille, amis, amants, lecteurs ... MERCI.

Merci à tous ceux qui m'ont soutenu dans cette aventure, qui ont pris de mes nouvelles - sincèrement - m'ont conseillé, ont suivi toutes mes aventures financières / professionnelles / familiales / amoureuses et j'en passe.
Vous avoir près de moi est une bénédiction et je l'oublierai jamais.

Gloire à vous, Gloire à moi, Gloire à Pôle Emploi et Gloire à mes futurs cours de Photoshop où je vais apprendre à retoucher toutes mes photos de profil telle la mannequin proclamée-par-moi et personne d'autre.


*HAPPY ZONE !*

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